Affiche du film Piège mortel
Un dramaturge à succès, qui vient de se faire éreinter par la critique et le public lors de l’avant-première de sa nouvelle pièce de théâtre policière, rejoint sa femme dans sa maison à la campagne.
Son désespoir est d’autant plus grand qu’un de ses élèves vient de lui faire parvenir l’unique copie d’un remarquable manuscrit intitulé Piège mortel. Pièce qu’il a écrite en s’inspirant de son enseignement.
Et si, pour renouer avec le succès et régler ses dettes, le célèbre dramaturge mettait à profit sa science du crime pour attirer le jeune écrivain dans un piège et s’approprier son chef d’œuvre ?
Tiré d’une pièce à succès d’Ira Levin, Piège mortel possède effectivement une remarquable intrigue qui mêle, avec habileté, manipulation et coups de théâtre. Une brillante mécanique de précision doublée d’une mise en abîme sur les affres de la création, que viennent rehausser des répliques drôles et vachardes sur le théâtre en général et le meurtre en particulier.
Bref, « c’est si bien que même un metteur en scène de talent ne l’abîmera pas » comme le précise Sidney Bruhl à sa femme.
Sidney Lumet a retenu la remarque et signe là une belle leçon de mise en scène en huis clos qui ne se contente pas des habituels champs-contrechamps propre au théâtre filmé. Au contraire, le cinéaste choisit de privilégier les plans larges et les longues séquences aux mouvements de caméra élaborés afin de saisir au mieux, et en une seule prise, toutes les nuances de jeu de ses comédiens.
Un huis clos toutefois moins abouti que celui réalisé par Joseph L. Mankiewicz dans Le limier, auquel ce film fait évidemment penser, mais qui permet encore une fois à Michael Caine de donner toute la mesure de son immense talent. Il suffit de le voir passer, le temps d’un rapide coup de téléphone, du désespoir à la plus grande indifférence ou faire naître le doute, puis l’effroi d’un simple regard pour s’en persuader.
Face à lui, Christopher Reeve – à des années lumières de son rôle monolithique de Superman – fait plus que de donner la réplique à son célèbre partenaire et apporte, lui aussi, une réelle ambiguïté à son personnage : attachant et inquiétant tout à la fois.
Seule Dyan Cannon déçoit par son jeu appuyé et quelque peu daté.
Laissez-vous prendre au piège concocté par l’imaginatif et mortel Sidney Bruhl.
Nul doute qu’il saura vous faire passer du rire au frisson avant de vous faire succomber… de plaisir !

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