Affiche du film Warm Bodies
Imaginez un Roméo et Juliette où l’amoureux transi serait un zombie et l’élue de son cœur – mort – une blondinette mignonne… à croquer. Dans un monde où les zombies se délectent du cerveau de leur victime où ils puisent pendant quelques minutes les émotions dont ils sont désormais dépourvus, l’amour serait peut être l’antidote pour leur redonner des couleurs. Du moins, avant qu’ils ne perdent tout semblant d’humanité et ne se transforment définitivement en « osseux ».
Les premières minutes de Warm Bodies sont un brillant mélange d’humour et de dérision où le héros zombie se lamente, en voix off, de son état calamiteux et de sa fringale permanente qui l’oblige à bouffer les humains… même s’il culpabilise.
Malheureusement, seule la première séquence vaut le détour.
Le film sombre ensuite, malgré quelques soubresauts drolatiques, en pleine bluette niaise et sans saveur ponctuée d’une compilation de chansons romantiques aussi guimauves que l’idylle entre les deux tourtereaux. (Et ne comptez pas sur John Malkovich pour donner un peu de mordant à l’aventure, il y fait une apparition fantomatique).
Un changement de ton incompréhensible, à moins qu’à la troisième page de son scénario l’auteur/réalisateur ne se soit fait bouffer le cerveau par une adolescente aux neurones nécrosés par un excès de Twilight
A trop jouer la carte du romantisme horrifique et consensuel en vogue dans le cinéma pour adolescents, ces corps chauds finissent vraiment par se désincarner là où on avait espéré qu’ils nous fassent mourir… de rire.