Affiche du film Jack Reacher
Un sniper tue des passants dans la rue. Un homme, ancien soldat tireur d’élite, est arrêté sur la foi de preuves accablantes. Interrogé par la police, le suspect n’a qu’une seule revendication : « Trouvez Jack Reacher ».
Sans nouvelles de Christopher McQuarrie depuis le petit polar futé The Way of the Gun, le retour du scénariste d’Usual Suspect aux commandes du nouveau film de Tom Cruise avait de quoi laisser perplexe. Des doutes balayés dès la première scène qui voit un tueur prendre son temps pour choisir et ajuster ses cibles parmi de simples promeneurs : tension et efficacité garanties.
En jouant la carte du polar « à l’ancienne » avec une mise en scène ample exploitant au mieux les situations et les décors plutôt que de tomber dans la surenchère pyrotechnique et épileptique à la mode, Jack Reacher surprend agréablement.
Malin, le film dose parfaitement suspense, action et humour sans empiéter sur une intrigue qui sait prendre son temps (surtout dans la première partie) pour tenir le spectateur en haleine.
Cerise sur le gâteau, au même titre que le scénario, la personnalité du héros incarné par Tom Cruise éveille la curiosité : étrange justicier fantôme aussi impitoyable et imprévisible que les ennemis qu’il combat. Du pain bénit pour l’acteur scientologue qui trouve ici la possibilité de se refaire une santé cinématographique avec une franchise adulte bien plus intéressante que ses gamineries Bondienne dans la série Mission Impossible.
Bien sûr, quelques scènes font sourire : lorsque toutes les filles d’un bar se retournent au passage du héros ou quand le bellâtre parade torse-nu devant la belle avocate en surchauffe.
Premier ou second degré ? Les deux très certainement. Car, à part dans la scène où Jack Reacher annonce avec arrogance que son ennemi n’a qu’à regarder son visage pour savoir qu’il ne bluffe pas (bonjour les chevilles !), le metteur en scène et sa vedette jouent à fond la carte de l’ambiguïté, n’hésitant pas à souffler le chaud et le froid dans une même scène. L’agression du héros à la batte de baseball dans une salle de bain exiguë mêle avec une réelle efficacité tension dramatique et humour absurde tandis que le choix terrifiant offert par l’ignoble méchant à un petit voyou donne lieu à une scène d’un humour noir et glaçant.
Côté distribution, le cinéaste Werner Herzog impressionne vraiment dans le rôle de l’ordure en chef, Jai Courtney joue bien les salauds et Robert Duvall fait une sympathique apparition… qui devrait aider à redorer le blason de la National Rifle Association. (Et oui, le film n’est pas parfait !).
Quant à Rosamund Pike, elle prête ses jolis traits à l’héroïne qui n’a rien d’une potiche.
Si l’on excepte un règlement de compte final un peu convenu – avec l’éternelle fusillade suivi du combat à mains nus – ce Jack Reacher s’impose comme l’un des meilleurs thrillers de l’année 2012.