Affiche du film We want sex equality
1968.
L’usine Ford de Dagenham en Angleterre emploie 55 000 hommes et 187 femmes.
Lorsque ses ouvrières décident de se mettre en grève, elles ne se doutent pas qu’elles sont sur le point d’engager les premières négociations pour l’égalité des salaires entre les hommes et les femmes.
Le cinéma anglais n’est jamais aussi percutant que lorsqu’il parvient à nous faire rire de sujets de société, fussent-ils dramatiques. We Want Sex Equality entre dans cette catégorie en choisissant de nous raconter, entre humour et drame, le courageux combat de quelques femmes pour la simple reconnaissance de leurs droits. Avec justesse, le cinéaste et son scénariste montre que la bataille qu’elles livrent au sein de l’entreprise se poursuit au cœur de leurs foyers où les maris supportent de moins en moins les conséquences de leurs revendications : chômage technique, tâches ménagères et garde des enfants…
On pourra pinailler devant la reconstitution un peu trop proprette des années 60 et trouver un peu facile cette approche idyllique qui voit des femmes de différentes conditions (ouvrières, femme de patron, ministre) faire brusquement front commun devant une société patriarcale qui les étouffe. Mais ces quelques réserves sont vite balayées par la force du sujet et la qualité de l’interprétation : de Sally Hawkins (l’ouvrière) à Miranda Richardson (la ministre), toutes les comédiennes sont épatantes. Sans oublier Bob Hoskins dans le rôle d’un vieux syndicaliste rusé et progressiste.
Alors, n’hésitez pas à soutenir ce joli film qui vous fera passer un bon moment tout en vous instruisant sur un moment important de l’émancipation féminine.

Affiche du film Made in Dagenham
Détail amusant : le titre original Made in Dagenham ne devait pas être assez excitant pour le distributeur français qui a jugé bon de lui donner un autre titre – anglais ! – avec le mot « sex » dedans : histoire d’attirer sur un malentendu quelques cinéphiles avinés du samedi soir en mal d’amour.