Affiche du film Savages
Deux amis – l’un baba cool, l’autre ancien militaire – partagent tout.
La même femme et le même goût immodéré pour la marijuana de qualité qu’ils cultivent artisanalement avec succès. Mais quand un cartel mexicain décide de s’associer de force à leur lucrative activité et enlève leur copine Ophelia, leurs affaires vont rapidement sentir la poudre…
Amateurs de l’Oliver Stone engagé, celui de Salvador ou de JFK, ce film n’est pas pour vous.
Sans doute échaudé par plusieurs échecs successifs, le réalisateur de Platoon revient à un cinéma plus dégagé qu’il connaît bien pour l’avoir plusieurs fois exploré.
Malheureusement, on est loin des excès visuels de Tueurs nés et plus proche de l’esthétique clip d’un Tony Scott. On est aussi très éloigné de la qualité d’interprétation de U-Turn. Sean Penn, Nick Nolte et Jennifer Lopez ayant laissé la place aux insipides Aaron Johnson, Taylor Kitsch et Blake Lively.
Aaron, Taylor et Blake qui ?
Mais si, souvenez-vous…
Aaron Johnson, le super héros maso de Kick-Ass qui ne confirme pas ici les espoirs qu’il avait fait naitre dans le film de Matthew Vaughn.
Et Taylor Kitsch qui, après les bides de John Carter et de Battleship, est en train de se tailler une solide réputation d’anti-Midas à Hollywood en transformant tous les films qu’il touche en bouse.
Quant à Blake Lively, leur compagne d’infortune entraperçue dans The Town de Ben Affleck, elle n’a pas à forcer son talent pour jouer la blonde horripilante et sans cervelle que l’on souhaite voir rapidement disparaître pour ne plus avoir à supporter ses minauderies.
Hélas, Savages prend son temps avec elle comme avec le spectateur. Et, pour connaître « les fins mots » de l’histoire, il faut se farcir plus de deux heures de couchers de soleil sur la mer, de ralentis sur les volutes de marijuana exhalées des lèvres de nos sympathiques botanistes, de violence gratuite, de sexe à trois digne des téléfilms érotiques de M6, de cabotinage (mention spéciale aux deux bouffis de service : Benicio Del Toro et John Travolta qui arrivent malgré tout à être plus convaincants que le trio d’acteurs principaux) et de discours sur la drogue qui risquent de flatter le jeune public, auquel ce film est clairement destiné, mais n’en sont pas moins ambigus. Comme le dit, en substance, Ophelia : la drogue c’est pas bien mais c’est pas trop mal quand on est des rebelles. Sans compter que l’on peut soulager avec la douleur des malades et faire, avec l’argent du trafic, de belles œuvres humanitaires dans les pays du tiers monde.
Un foutage de gueule assumé dans le discours mais aussi dans le scénario dont le final risque d’en laisser plus d’un perplexe.
C’est sans doute cela être un réalisateur sauvage et rock’n’roll pour Oliver Stone : ne pas avoir de respect pour son public qui ne l’a pas suivi dans ses derniers films.
Seule Salma Hayek semble avoir tout compris et se fait remarquer en misant sur une relative sobriété. En baronne de la drogue sexy, maternelle et sans pitié, elle livre une composition inquiétante qui sauve le film de l’accident industriel.
Pour le reste, il semblerait cette fois qu’Oliver soit complètement cuit ou définitivement Stone !

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