Affiche du film Killer Joe
S’il ne veut pas finir entre quatre planches, le jeune Chris Smith doit rapidement trouver comment rembourser sa dette auprès d’un truand local. Lorsqu’il apprend que sa mère, qu’il hait, à souscrit une énorme assurance vie, il décide de la faire supprimer avec la bénédiction de sa petite sœur, de son père et de sa belle-mère.
Pour mener à bien l’affaire, il décide de faire appel à un inquiétant flic véreux surnommé Killer Joe.
Pas de doute, à 77 ans, William Friedkin revient en force et au meilleur de sa forme.
Avec ce film mal aimable, il donne une belle leçon à tous les jeunes cinéastes qui se réclament de ses films en se contentant de les imiter.
En quelques plans, le réalisateur de L’Exorciste redonne du sang neuf à un genre devenu aseptisé et prouve qu’il n’a pas son pareil pour créer une atmosphère électrique afin de mettre le spectateur sous tension : les éclairs d’un orage qui zèbrent la nuit, les aboiements incessants d’un chien sous une pluie battante et la petite musique d’un briquet dont le couvercle s’ouvre et se ferme avec une inquiétante monotonie.
Le son, les images et le montage. Tout concourt au malaise et à la surprise. Deux sentiments qui s’installent durablement dès que la porte du bungalow des Smith s’ouvre. Les Smith : une famille de demeurés du sud des États-Unis où un père un peu simplet et son allumeuse de seconde épouse cautionnent le projet de meurtre d’un garçon stupide qui gère mal son attirance pour sa sœur Dottie, sorte de Lolita partagée entre l’innocence et la luxure.
Avec ses explosions de violence et quelques scènes d’anthologie (le dîner entre Killer Joe et Dottie, la scène du pilon de poulet) William Friedkin ne fait pas dans la dentelle. Mais même au plus fort des pulsions destructrices qu’il met en scène, l’humour n’est jamais loin et apporte une ambigüité bienvenue à la brutalité du récit. Le film vire donc très vite en une farce macabre qui entraîne dans sa ronde tous les protagonistes et où viennent idéalement se caler les dialogues décalés et tout en dérision du dramaturge Tracy Letts (l’histoire du mari jaloux raconté par Killer Joe vaut son pesant de cacahuètes !).
Tiré à quatre épingles, mais d’une élégance maniaque inquiétante, Matthew McConaughey s’affirme, depuis La défense Lincoln, dans des rôles de plus en plus troubles qui lui vont bien au teint et affiche une présence à l’écran dont il semblait dépourvu jusqu’alors. Ses partenaires sont au diapason de son interprétation. Surtout Juno Temple, dans le rôle de Dottie. Un ange… Mais un ange mortel…
Violent, drôle et dérangeant, Killer Joe vous laisse KO et redonne ses lettres de noblesse au polar noir en général et à la série B en particulier.

Autre affiche killer Joe

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