Affiche du film The Dictator
Grandeur et décadence de l’Amiral Général Aladeen, dictateur de la République du Wadiya (Afrique du Nord) après s’être fait couper la barbe lors d’un séjour aux USA.
Fustiger par le rire les dictateurs de tout poil ainsi que les démocraties qui ferment les yeux sur leurs exactions pour un peu de pétrole : tel est le réjouissant programme du nouveau jeu de massacre organisé par Sacha Baron Cohen. Malheureusement, après un début prometteur qui décrit avec une justesse à peine exagérée la mégalomanie meurtrière du tyran, le scénario perd de sa force en arrivant sur le sol américain. C’est qu’à la différence de Borat, le nouveau personnage imaginé par le comique anglais ne confronte plus son humour corrosif à des personnes filmées à leur insu, mais à de vrais acteurs.
Des comédiens plutôt bons au demeurant : Anna Faris, méconnaissable, prouve encore une fois qu’elle est l’une des valeurs sûres de la comédie américaine. Ben Kingsley confirme son don pour la comédie et le second degré, tandis que Megan Fox et Edward Norton font des apparitions gonflées dans leur propre rôle. Mais ils ont beau faire, leur talent réuni ne parvient pas vraiment à faire exploser la charge satirique et à déclencher le rire.
Reste de belles étincelles (comme cette tirade d’Aladeen expliquant ce que serait l’Amérique si elle était une dictature et donnant comme exemples des pratiques déjà en cours aux USA) et quelques gros tirs de mortier (la scène de l’accouchement) qui font d’autant plus regretter l’inaboutissement du projet.
C’est sans doute qu’il aurait fallu derrière la caméra un véritable metteur en scène capable de canaliser la puissance comique de l’acteur principal et de donner à The Dictator une véritable dimension polémique et politique. Faute de quoi, le missile de Sacha Baron Cohen finit par prendre des allures de pétard mouillé dont la déflagration s’avère bien en-dessous des attentes suscitées par l’astucieuse promotion qui lui a été consacrée.

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