Affiche du film Chronicle
Trois lycéens découvrent au fond d’un trou une étrange substance leur conférant des pouvoirs dignes de super-héros.
Après le film de sorcières : Le Projet Blair Witch (1999).
Après le film sur la contagion galopante : [REC] (2007).
Après le film de zombies : Chronique des morts-vivants (2008).
Après le film catastrophe associé à celui d’invasion extraterrestre : Cloverfield (2008).
Après le grand n’importe quoi : Paranormal Activity (2009) et ses suites.
Voici que nous arrive le film de super-héros en version caméra amateur.
Un peu plus malin que ses prédécesseurs (George A. Romero mis à part), Josh Trank tire partie de la profusion de sources vidéo qui nous entourent (des caméras de surveillance aux images d’une blogueuse vidéo) pour diversifier les points de vue de son récit tout en se servant ingénieusement du pouvoir de ses héros (la télékinésie) pour les filmer de façon plus conventionnelle.
Une fois le postulat de départ établi, l’intrigue plutôt banal n’offre que peu de surprises et ne s’élève jamais, malgré son sujet, au-dessus du niveau d’un journal vidéo intime.
Si elle est décevante, cette singularité dénote un certain changement de mentalité dans nos sociétés. Dans les années 60, avoir de grands pouvoirs impliquait de grandes responsabilités pour Peter Parker, alias Spiderman. Dans les années 2000, avoir de grands pouvoirs n’implique pas grand chose, sinon une plus grande irresponsabilité : les trois héros se servant uniquement de leurs nouveaux pouvoirs pour s’amuser entre eux et faire des blagues de potaches. Dans ces conditions, les retombés de ces actes immatures ne peuvent être que cataclysmiques si l’un des adolescents entre en dépression…
Et si les catastrophes finissaient par naître de l’égocentrisme dont nous sommes tous atteints via les réseaux sociaux et le développement des médias domestiques ? Une question effleurée par le réalisateur, même si ce dernier n’a visiblement pas eu envie de creuser l’idée plus avant, préférant au final les explosions à l’introspection.
Souhaitons que cette mode de la caméra subjective au cinéma ne soit que passagère, car elle si elle permet aux studios de se faire de l’argent à moindre coût et aux jeunes réalisateurs de se faire un nom avec deux bouts de ficelle, elle met un peu à mal le principe même de mise en scène.
En attendant, nous n’avons pas fini de nous faire « chro-niquer » et il y a peu de chance que nous échappions à la bluette romantique en mode subjectif ou au polar musclé façon reportage.
Par contre, pour ce qui est du film de serial killer, là c’est déjà fait – et bien fait – depuis 1992 et la sortie de C’est arrivé près de chez vous. Et si Le projet Blair Witch et ses rejetons avaient tout piqué au cinéma belge ? L’humour et le second degré en moins, hélas…

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