Affiche du film Le territoire des loups
Un avion ramenant à Anchorage les employés d’une compagnie pétrolière située en Alaska s’écrase dans le grand nord. Les quelques rescapés vont tenter de survivre aux morsures du froid et à celles d’une meute de loups.
Disons le tout net, Le territoire des loups est une excellente surprise et s’impose comme une référence dans le genre survie en milieu hostile.
Filmé à hauteur d’hommes, cette course contre la mort ménage ses effets pour mieux faire monter l’angoisse. Efficace et viril, le récit n’est pas pour autant dénué d’émotions grâce au jeu convaincant des acteurs (Liam Neeson en tête) et à la présence de quelques scènes oniriques hantées par le deuil.
Après L’agence tous risques et son déluge pyrotechnique un peu indigeste, Joe Carnahan surprend agréablement avec ce film âpre et sans fioritures qui joue habilement sur la peur ancestrale du loup.
On pense naturellement à The Thing (1982) de John Carpenter dans la façon qu’a le réalisateur d’installer une forme de huis clos au milieu de grands espaces enneigés balayés par la tempête mais aussi à Assaut (1976) avec ces ennemis invisibles aux attaques aussi imprévisibles que brutales.
En misant intelligemment sur l’imagination galopante du spectateur, le cinéaste parvient à créer un climat de plus en plus oppressant sans autre artifice que l’utilisation du hors champ et le soin tout particulier apporté aux effets sonores (les hurlements des loups notamment). La scène où des dizaines d’yeux apparaissent dans la nuit face aux survivants apeurés est, à ce titre, un modèle du genre et renvoie à tous les contes fantastiques à base de loups qui ont bercés notre enfance.
Une réussite qui n’aidera pas à la réimplantation de l’espèce dans nos forêts et devrait calmer quelques temps les promenades dans les bois. Mais si vous souhaitez passer un bon moment de cinéma, ce territoire est fort recommandable… du moins, tant que le loup n’y est pas !