Affiche de Drive
Un jeune cascadeur automobile arrondit ses fins de mois en mettant ses talents de pilote au service de malfrats ayant besoin d’un chauffeur pour leurs braquages. Méthodique et solitaire, il ne vit que pour son travail jusqu’au jour où il fait la connaissance de sa voisine de palier et de son jeune garçon…
Nicolas Winding Refn est un habile cinéaste. Il suffit de voir, en début de film, avec quelle maestria il filme la course contre la montre qui s’engage entre son pilote et la police pour s’en persuader.
Moins radical que Le guerrier silencieux, les deux films ont pourtant certaines similitudes : un héros brutal et mutique se prenant d’affection pour un enfant (et sa maman), quelques scènes de violences excessives et imprévisibles, un goût prononcé pour les situations sacrificielles, le tout agrémenté de belles images.
Sauf qu’ici, l’esthétique rugueuse du précédent film a fait place à un univers de clip vidéo truffé de longs plans nocturnes sur de grosses cylindrées lustrées, brillants sous les réverbères d’interminables avenues au son d’une musique forcément planante. Les poncifs visuels des programmes de chaînes musicales comme choix de mise en scène (pour plaire au plus grand nombre : le public « adulescent ») associés à de surprenants et saignants règlements de compte (histoire de séduire aussi les « cinéphiles ») : voilà qui, cette fois, ne devrait heurter personne et mettre tout le monde d’accord. D’où, sans doute, ce surprenant Prix de la mise en scène à Cannes. D’autant plus étrange que si Drive mérite un prix c’est bien plutôt celui de l’interprétation masculine. En ange exterminateur froid et incontrôlable touché par l’amour, qu’illustre parfaitement la remarquable scène de l’ascenseur, Ryan Gosling fascine et impressionne. Il est la principale source d’intérêt de ce petit polar roublard qui se révèle finalement très formaté.

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