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D’Artagnan, jeune Gascon sans le sou, se rend à Paris pour devenir mousquetaire. Sur son chemin, il croisera l’infâme Rochefort, la perfide Milady et se liera d’amitié avec Athos, Porthos et Aramis.
La suite est connue. Quoique…
Après les adaptations bâclées de Mortal Kombat et Resident Evil, apprendre que Paul W.S. Anderson s’attaquait au célèbre roman d’Alexandre Dumas avait de quoi faire frémir d’horreur les admirateurs des mousquetaires et mettre en garde les amateurs de films de cape et d’épée.
S’il est vrai que l’on ne retrouve le roman que dans ses très grandes lignes (on a plus affaire ici à une variation sur le thème des 3 mousquetaires qu’à une adaptation fidèle), il faut pourtant bien avouer que le spectacle est au rendez-vous.
Moins édulcorée que la fadasse adaptation de Stephen Herek de 1994 avec Charlie Sheen et Kiefer Sutherland, moins ridicule que le D’Artagnan de Peter Hyams (2001) avec ses mousquetaires ninjas et son insupportable Jean-Pierre Castaldi, le film d’Anderson est efficace et avance sans temps mort même si il passe parfois par des raccourcis regrettables, un humour parfois lourd (on dresse un PV à d’Artagnan pour avoir mal « garé » son cheval !) et un certain nombre d’anachronismes.
Peu importe que cette nouvelle version emprunte ses salles piégées à Indiana Jones ou à Haute Voltige de Jon Amiel et qu’il abuse des ralentis lors des scènes d’action, Anderson joue avec un certain panache la carte de la fantaisie au détriment de la vraisemblance. En se libérant du carcan du roman, il offre ainsi quelques surprenantes séquences comme le prologue vénitien ou l’apparition au-dessus de Notre Dame de Paris d’improbables « vaisseaux dirigeables ».
Ne choisissant pas l’option de la caméra tremblotante pour donner l’impression d’être au milieu de la mêlée, ni celle des gros plans faciles montés à l’excès pour les nuls en mise en scène, il compose également de beaux combats à l’épée à l’ancienne, amples et fluides, les mieux réglés qu’il ait été donné de voir ces dernières années.
Surtout, se rappelant sans doute que plus les méchants sont réussis plus le film l’est aussi, le cinéaste a la bonne idée de s’entourer d’un casting de trognes connues pour les interpréter : Til Schweiger, Orlando Bloom, Mads Mikkelsen et le toujours onctueux Christoph Waltz dans le rôle de Richelieu s’en donnent à cœur joie. Seule Milla Jovovich déçoit, plus Alice (Resident Evil) que réellement Milady. Quant aux comédiens interprétant D’Artagnan et ses compères mousquetaires, moins célèbres, ils ne manquent pourtant pas de charme. Logan Lerman a, pour une fois, vraiment l’âge du personnage principal et Ray Stevenson (découvert dans la série « Rome ») campe un Porthos hâbleur et souriant loin de l’image de gros balourd qui lui est habituellement attribuée.
Moins réussie que la version de George Sidney (1948) ou celle en deux parties (Les trois mousquetaires et On l’appelait Milady) de Richard Lester (1973), Les trois mousquetaires 3D n’en reste pas moins un agréable divertissement qui peut, en outre, s’enorgueillir d’un effet de relief plutôt convaincant. (Comme ce fut déjà le cas pour le précédent film de Paul W.S. Anderson : Resident Evil : Afterlife).
Même si l’adaptation idéale du roman de Dumas est certainement encore à faire, la fin ouverte et le dernier plan du film éveillent la curiosité et donnent envie de retrouver les personnages dans des aventures qui se libéreraient définitivement des romans dont elles sont censées s’inspirer.
Affaire à suivre ?