La Piel que Habito : affiche
Un chirurgien esthétique renommé procède à des greffes de peaux expérimentales sur une patiente enfermée dans une chambre de son somptueux manoir dont il a transformé le sous-sol en laboratoire privé. Quelles sont ses motivations ? Et qui est cette jeune femme : cobaye volontaire ou victime séquestrée ?
La Piel que Habito pose les retrouvailles du réalisateur espagnol avec le film de genre qu’il avait si brillamment abordé il y a 14 ans avec En chair et en os. Mais plutôt que le polar, c’est le domaine du thriller qu’Almodovar porte à l’écran, avec un scénario dont le potentiel n’aurait pas déplu à Alfred Hitchcock ou à Georges Franju.
Manque de pot ! Plutôt que de trancher dans le vif du sujet, le metteur en scène étire sa trame à l’excès, oubliant l’efficacité du maître du suspense ou les ambiances fantastiques du réalisateur des Yeux sans visage.
L’intérêt pour le récit retombe alors bien vite. D’autant qu’Almodovar dévoile le pot aux roses en deux coups de cuillère à pot, plus occupé à développer un climat ambivalent, qui lui est coutumier, ou à plomber son film par ses habituelles « kitscheries » potaches : à l’image de l’intrusion dans la demeure du chirurgien d’un polichinelle déguisé en tigre, adepte de jolis popotins et de liposuccions buccales.
En potentat possédé par le souvenir de son ex femme et atteint de posthite aiguë, Antonio Banderas (le bien nommé) ne livre pas tout son potentiel. Pas plus que la fidèle Marisa Paredes dont le rôle, trop en retrait, ne lui permet pas d’exprimer son talent.
Avec sa jolie peau lisse, seule la beauté d’Elena Anaya fascine et parvient à sauver le film d’un ennui poli.
Pot-pourri des thèmes de prédilections de Pedro Almodovar, La Piel que Habito est tout juste potable et cela malgré quelques scènes esthétiquement soignées et une émouvante fin ouverte.
Quant au titre, il est amusant de constater qu’il n’a pas été traduit, les distributeurs français craignant peut-être qu’un jeu de mots malencontreusement polisson ne vienne déflorer le sujet du film…

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