Affiche du film Un petit boulot
Dans une petite ville du nord de la France sinistrée par le chômage, Jacques, endetté jusqu’au cou, a tout perdu. Alors quand le mafieux du coin lui demande de buter sa femme en échange d’un bon paquet d’argent, difficile de refuser une proposition aussi intéressante que gratifiante…
Après L’arnacoeur et Un plan presque parfait, Pascal Chaumeil aborde les rives de la comédie grinçante à l’anglaise sur fond de crise économique et nous offre le portrait caustique d’un apprenti tueur à gages, un peu gaffeur, qui cherche à faire le « travail » pour lequel on le paie avec autant d’honnêteté et de rigueur professionnel que lorsqu’il était à l’usine.
Ce décalage cocasse fait tout le sel d’un film qui a le bon goût de poser un regard assez juste sur la misère sociale ainsi que sur les méthodes de management assassines de certaines sociétés qui profitent, sans scrupule, de la précarité de leurs employés.
Si le récit manque parfois de rythme, il n’est pas dépourvu de charme grâce à des dialogues, concoctés par Michel Blanc, qui font souvent mouche. Le tandem qu’il forme avec Romain Duris est d’ailleurs particulièrement savoureux et tous les seconds rôles, de Gustave Kervern au trop rare Charlie Dupont, sont particulièrement bien mis en valeur.
Pour son ultime petit boulot Pascal Chaumeil a, encore une fois, le mérite de sortir des sentiers balisés de la comédie française consensuelle et aseptisée.
Son humour et ses plans presque parfaits vont nous manquer.