Le moine : Affiche
XVIIème siècle, en Espagne, Frère Ambrosio subjugue les foules par ses vigoureux sermons contre les tentations du démon. Inflexible avec les péchés de ses fidèles, saura-t-il être aussi ferme pour lui-même ?
Dans la lignée de ses précédents films (Harry, un ami qui vous veut du bien, Lemming), Dominik Moll nous entraîne à nouveau dans un sombre récit où malaise et irrationnel s’insinuent progressivement dans le quotidien.
Adapté du roman de Matthew G. Lewis, Le moine retrouve une veine gothique depuis longtemps absente de nos écrans et qui semblait plutôt l’apanage du cinéma anglais (les films de la Hammer), voire italien (Le masque du démon de Mario Bava).
Pour illustrer le combat intérieur qui tiraille Ambrosio, partagé entre pureté et dépravation et incarné par un Vincent Cassel pour une fois étonnamment sobre, le réalisateur compose ses plans comme des tableaux, jouant du clair obscur ou de l’ombre et de la lumière qui se partagent le visage du moine dans son confessionnal ou sa cellule. Il alterne également les vifs changements de luminosité, passant des couloirs sombres du monastère à la lumière crue et aveuglante de grandes étendues arides.
Surtout, Dominik Moll fait preuve d’une grande habileté de mise en scène dans l’élaboration des mécanismes de la peur. Appliquant les leçons des grands maîtres du genre, il suggère (à une apparition près) plus qu’il ne montre la présence du surnaturel.
Dès lors, un simple masque porté par un jeune moine défiguré, les zones d’ombre d’un cloître ou la procession nocturne d’hommes-cierges deviennent autant de sources d’angoisse, justifiées ou non.
Démons intérieurs ou démon bien réel ? Dominik Moll laisse à chacun le soin de se faire une opinion.
Frissons garantis !

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