Cars : Affiche
Flash McQueen est un jeune bolide de course très prétentieux à qui tout réussit. En route vers Los Angeles pour remporter la fameuse Piston Cup, il se retrouve coincé contre sa volonté à Radiator Springs, une petite bourgade oubliée sur le tracé de la route 66. Là bas, il va découvrir l’amour, l’amitié et une certaine philosophie de la vie…
John Lasseter aurait-il perdu un boulon ? Après les inventifs Toy Story 1 et 2 et l’amusant 1001 pattes (Variation pour les enfants sur le thème des 7 samouraïs/mercenaires), le créateur du Shérif Woody et de Buzz l’éclair nous revient avec une histoire de… bagnoles !
Nostalgie de son circuit auto et de ses petites voitures ou hommage à son père, concessionnaire pour la marque Chevrolet ? Peu importe…
Si l’animation est toujours aussi fluide et impressionnante (on a l’impression d’assister à de vraies courses automobiles), si les décors de l’Ouest sauvage et de ses canyons sont vraiment magnifiques toute cette maestria semble, ici, un peu vaine. La faute à un scénario simpliste et à des thèmes moins universels que ceux auxquels nous avaient habituées les productions Pixar.
Bien sûr, vanter l’entraide, l’amitié et la sportivité au détriment de l’égoïsme et de la compétition à tous prix n’est pas une mauvaise chose en soi, mais pourquoi en passer par cette notion, très américaine, de retour obligé – forcément idyllique – à la nature ? Un retour à la nature d’autant plus incongru que les héros de cette histoire sont des voitures : symboles de l’industrialisation, de la société de consommation et du profit.
Contraste, me direz-vous. Oui, mais un contraste qui génère une certaine gêne. Comme de vouloir mettre en avant un sport (les courses de Nascar) quasiment inconnu pour la plupart des spectateurs vivant en dehors du territoire américain.
Et que penser de l’identification des petits spectateurs à ces héros montés sur quatre roues sinon qu’elle passe difficilement et semble plutôt destinée à un public de jeunes mâles. Les fillettes devant se contenter d’une petite Porsche, certes indépendante, mais ayant tout de même de sérieuses pertes d’huile dès que se présente le gros pot d’échappement d’un bolide auquel elle n’hésite pas à « siphonner le réservoir » afin de le retenir en ville ! On veut bien avoir les idées larges, mais pas trop quand même…
Bref, à moins que la voiture ne soit l’extension de votre virilité ou le signe ostentatoire de votre réussite, évitez de mettre vos enfants devant ces aventures qui, si elles ne manquent pas d’humour, n’en reste pas moins l’expression d’une certaine forme de vulgarité. Celle d’un mode de vie paternaliste et macho pour qui la vitesse est forcément symbole de liberté.