Enième variation sur les « adulescents », le film de Raphaël Fejtö est une suite de poncifs éculés (sur l’amour et le passage à l’âge adulte) qui prêtent plus à bailler qu’à sourire.
Nos deux héros, caricaturaux au possible, semblent vivre hors du monde et de toute réalité.
Samuel et Tina habitent donc un grand appartement, parlent de manière très cool et ont des métiers très chouettes : L’un est cinéaste (Ah, bon ?) l’autre est photographe… Pourtant à aucun moment ils ne travaillent, ou si peu. C’est l’art du paraître érigé comme art de vivre et de filmer. Un peu comme si le syndrome Star Academy avait touché de son doigt vulgaire le cinéaste et son scénariste. On est star avant tout, mec…
Et pour ce qui est de la star, le réalisateur nous gâte. C’est bien simple, il est de tous les plans.
Romain Duris achète des fruits, Romain Duris fait du vélo, Romain Duris va en boîte, Romain Duris fait mine de mal danser, Romain Duris prend son bain, Romain Duris nu, Romain Duris à la piscine, Romain Duris arrose ses plantes, Romain Duris loue un DVD, Romain Duris se fait tripoter, Romain Duris en Léonard de Vinci, Romain Duris en homme des cavernes…
Finalement, la seule chose qu’oublie Romain Duris c’est de faire des étincelles (comme dans les films de Klapisch).
Dans ce naufrage, une seule scène surnage vers la fin du film et vient sortir le spectateur de sa torpeur. On y voit Romain Duris se noyer et se répéter à lui-même : « Je suis nul, je suis nul, je suis nul ! »
Effectivement, bel éclair de lucidité !

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