Après un polar attachant et sans fioriture, Roman de gare, Claude Lelouch revient à ses anciennes amours et à la grande saga familiale et romantique forcément contrariée.
Pour l’occasion, il renoue avec un style qu’il semblait avoir abandonné depuis le ratage de son film : Les Parisiens.
Il signe donc, ici, un film anniversaire, entre autobiographie et fiction, en incorporant au sein de son récit des extraits de ses œuvres précédentes.
Malheureusement, si l’idée devait s’avérer plaisante sur le papier, le résultat sur grand écran tient plus du fourre-tout nombriliste que de la somme lyrique qu’il voudrait être. La faute à un sujet trop vaste pour un seul long métrage et à un manque de moyen évident. Peut-être aurait-il mieux valu jouer de l’ellipse que d’illustrer le débarquement par quelques bidasses courant sur une plage face à une pauvre mitrailleuse souffreteuse.
Et que penser de l’improbable et théâtrale scène du chant dans le camp de concentration ?
Et que dire de la fin, façon « Dernière Séance » ?
Heureusement, le réalisateur, dans un éclair de lucidité, nous épargne la présence d’Eddy Mitchell.
Du côté des comédiens, ce n’est guère mieux.
Certes, Audrey Dana et Laurent Couson se sortent bien de leur rôle mais ils sont desservis par les prestations laborieuses de certains de leurs partenaires, dont quelques chanteurs s’essayant à la comédie.
Raphaël, fade et sans saveur, se laisse pousser la moustache pour paraitre plus vieux. Mais les quelques poils qu’il arbore le rendent juste plus ridicule.
Quant à Liane Foly – anachronique avant même qu’elle ouvre la bouche avec son visage « botoxé » – elle nous offre une composition pitoyable de chanteuse de rue, forcément gouailleuse et membre de la résistance !!!
Perdu dans son écheveau tourné vers le passé, Claude Lelouch aurait sans doute gagné à resserrer les fils de son récit ou à utiliser un support (la série télé) moins soumis aux contraintes de temps.
« Qui trop embrasse mal étreint » dit-on.
Dans le cas de Ces amours-là, on ne peut que donner raison à ce vieux dicton !