A l’instar des Frères Farrelly qui ont débuté dans l’humour gras avant de livrer des comédies sensibles et très personnelles, Paul Weitz a su se démarquer du American Pie de ses débuts en confectionnant par la suite des comédies acerbes en prise sur notre temps. Pour un garçon suivait les déboires d’un célibataire dragueur et cynique et le remarquable En bonne compagnie s’intéressait au monde sans pitié des multinationales à la manière d’un Capra.
Autant dire que, sur le sujet de la télé réalité, American Dreamz était attendu avec impatience ! Pourtant, il faut se rendre à l’évidence, le film déçoit un peu et laisse au final une impression mi figue, mi raisin.
Certes, la description des émissions type « Nouvelle star » où tous les résultats sont connus et truqués à l’avance est plutôt bien vu et Hugh Grant excelle dans le registre de l’animateur cynique.
Dennis Quaid, quant à lui, fait une composition étonnante dans le rôle d’un George Bush plus décérébré que nature.
Malheureusement, Paul Weitz pèche par gourmandise et ne parvient à faire prendre sa sauce qu’à de trop rares moments (fort drôles, il faut tout de même le préciser).
La faute au télescopage de trois bonnes idées qui auraient pu, à elles seules, être le sujet de trois films différents. 1) La télé réalité et ses dérives ! 2) Un idiot à la maison blanche. 3) Le « rêve américain » vu à travers les yeux d’un jeune Irakien.
Bref, tout est abordé de front, mais rien n’est vraiment développé.
Quant au final, moins mordant qu’on aurait pu l’espérer (surtout si l’on repense à celui de En bonne compagnie), il vient un peu briser les espérances qu’avaient fait naître le film.
La morale est sauve et l’Amérique est bien gardée ! Tant pis !

PS : Pour ceux qui se risqueraient sur la version française le doublage n’arrange rien à l’affaire. Il est même déplorable ! On dirait que Lagaffe (époque Zoubida) s’est amusé à doubler tous les personnages Irakiens. A la longue, tout cela devient affligeant et ridicule et amoindrit encore plus le propos.