En Corée du Sud, un policier et son assistante tentent de défendre leur village contre l’attaque d’un monstre surpuissant. Au même moment, dans la forêt, un groupe d’hommes pensant chasser un tigre fait une surprenante découverte.

Après une brève et calme introduction présentant les principaux personnages, le film de Na Hong-jin démarre sur les chapeaux de roues et fonce, pied au plancher, jusqu’au bout de son récit avec une maestria rarement prise en défaut. La première heure qui suit les pas du policier dans son village dévasté est tout simplement remarquable, le cinéaste prenant le parti de se mettre à hauteur de son personnage toujours en retard d’un affrontement. Cet impeccable choix de mise en scène permet à Na Hong-jin de faire monter la tension en jouant habilement du hors-champ, jusqu’à l’apparition explosive du fameux monstre.
Dommage que l’arrivée de l’assistante du policier transforme le spectacle en un gros film bourrin, certes très efficace mais un peu vain. La dernière partie dans la forêt, toute aussi spectaculaire, n’arrange rien et entérine ce choix d’un film d’action virant à la science-fiction, à la manière du Predator de John McTiernan.
Heureusement, le réalisateur n’a pas son pareil pour parsemer son récit de ruptures de ton comiques, comme il l’avait fait dans son admirable The Strangers. Sauf qu’ici, ces ruptures manquent un peu de subtilités, voire frisent le ridicule avec ce chasseur increvable qui se relève tout le temps, en dépit des nombreux coups violents reçus.
Avec ce film aussi ambitieux que bluffant (mais moins personnel et plus prévisible que ses longs métrages précédents), Na Hong-jin nous offre une sorte d’Avatar coréen en abordant, à sa manière, le thème de l’incompréhension et de la peur de l’autre.
Sa fin ouverte, qui semble hélas annoncer une suite, classe Hope dans la catégorie des films grand public dont l’ambition est de devenir une saga.
Vivement le retour du cinéaste sur des rivages plus sombres et plus passionnants.