Affiche du film Reviens-moi
1935. Accusé à tort d’une agression par la jeune sœur de la femme qu’il aime, le fils d’une domestique est incarcéré.
1940. Afin de quitter sa cellule, Robbie accepte de s’engager dans l’armée et de rejoindre le front, en France.
Tandis que pour tenter de se racheter de ce mensonge qui a brisé le cœur de sa grande sœur, Briony devient infirmière de guerre.
Dès le premier plan, somptueux, Reviens-moi séduit par la qualité sa mise en scène et la beauté de ses images.
Joe Wright y compose un écrin idyllique, propre aux films romantiques, dans lequel il introduit son personnage principal et l’élément perturbateur du récit : Briony et son goût pour les histoires. Car, plus qu’à une romance contrariée ou à drame de la jalousie, c’est surtout à une réflexion sur le pouvoir des mots – et leurs mensonges – que nous convie le réalisateur.
Jouant de multiples points de vue et de différentes temporalités, Joe Wright alterne aussi trois lieux (la demeure victorienne, l’hôpital, la plage embrumée de Dunkerque) qui sont autant de représentation intérieure de ses personnages.
Les acteurs, la superbe musique de Dario Marianelli, les sons et les décors… Tout est au diapason de l’admirable mise en scène qui culmine dans un fabuleux plan séquence de cinq minutes, au milieu des troupes anglaises défaites attendant leur rapatriement sur la plage de Dunkerque.
Malheureusement, la grande maîtrise de Wright d’un point de vue formel est également sa faiblesse. Aussi pensée et élaborée soit-elle, sa fresque ne génère que peu d’émotions.
Très vite, on se moque du destin des deux amants et de celui de Briony qui s’avère d’ailleurs plutôt antipathique, quel que soit son âge. (Personnage démiurge, il est le seul à se transformer physiquement au cours du récit et à se voir incarné par trois actrices différentes).
Moins irréprochable mais plus naturel, Orgueil et préjugés avait paradoxalement plus de charme. Ces réserves mises à part, Reviens-moi confirme l’indéniable talent de Joe Wright.