
Le commando de forces spéciales mené par le major Dutch Schaeffer est engagé par la CIA pour sauver les survivants d’un crash d’hélicoptère au cœur d’une jungle d’Amérique Centrale. Sur place, Dutch et son équipe ne tardent pas à découvrir qu’ils sont pris en chasse par une mystérieuse créature invisible qui commence à les éliminer un par un. La traque commence.
Après l’oubliable Nomads, Predator allait faire entrer John McTiernan dans la catégorie des solides réalisateurs de films d’action, un an avant sa consécration définitive avec Piège de cristal. Démarrant comme un film de mercenaires (genre en vogue dans les années 70) dopés aux gros biscoteaux (physique typique des hommes d’action dans les années 80), la première demi-heure ne sort pas vraiment des clichés associés aux bidasses en opération avec ses nombreux gros plans de biceps hypertrophiés et son humour bas de plafond. Heureusement, le scénario a la bonne idée de faire virer le banal film de guerre vers un récit de science-fiction qui revisite astucieusement Les chasses du Comte Zaroff. Il en profite également pour créer une nouvelle icône cinématographique extraterrestre qui deviendra presque aussi célèbre que le Alien de Ridley Scott. Les deux entités s’affronteront d’ailleurs, quelques années plus tard, dans les très mauvais Alien vs Predator et Aliens vs Predator : Requiem.
Intriguant, avec son tueur insaisissable que John McTiernan prend son temps à dévoiler, le film parvient à tenir en haleine en dépit d’un rythme mollasson et d’effets spéciaux (le camouflage du Predator) aujourd’hui un peu datés. Dommage que le film soit régulièrement plombé par un sous texte gay, aussi lourd que risible, qui tente de faire passer l’attirance de deux gros bras dotés de gros engins pour de la camaraderie virile. Sans parler de la tenue résille du Predator… Graou !
Reste la composition désinvolte d’Arnold Schwarzenegger et son affrontement final avec le Predator, ainsi que la présence anecdotique de Shane Black (scénariste de L’arme fatale 1 et 2) qui avait été engagé comme acteur par la production dans l’espoir qu’il daigne revoir le script.
S’il n’était entré dans le bestiaire des monstres de films fantastiques, ce Predator aurait certainement moins marqué les esprits. La preuve en est que ses multiples suites n’ont jamais vraiment su réveiller l’engouement des foules.
Analyse très pertinente sur la mutation du film, du commando bourrin vers la traque SF à la Comte Zaroff. Même si le rythme et certains effets ont vieilli, je trouve que cette lenteur nourrit la tension et l’ambiance parano de la jungle. En revanche, ton sous-texte “viriliste/gay” me paraît surtout relever de la caricature assumée du cinéma d’action 80’s. Quoi qu’il en soit, le duel final et l’icône Predator suffisent à expliquer pourquoi le film a marqué durablement les esprits.