A 45 ans, Youssef Salem rencontre la célébrité grâce à un premier roman qui s’inspire largement des travers et marottes de sa famille. Dépassé par ce succès inattendu, il n’a plus qu’une obsession, empêcher ses parents de lire sa prose.

C’est à une réjouissante comédie de mœurs que nous convie Baya Kasmi. Un film qui aborde tout en finesse les thèmes de la célébrité et des non-dits tout en questionnant malicieusement nos croyances religieuses et familiales. Bien loin des comédies consensuelles – tirées d’une histoire vraie – qui fleurissent sur nos écrans, cette satire poilante et enlevée du monde de l’édition peut s’enorgueillir de dialogues qui sonnent toujours juste et de personnages secondaires particulièrement bien campés et attachants. Tous ont leur moment de gloire face à Ramzy Bedia qui trouve là son meilleur rôle.
La générosité du propos, la spontanéité des situations et le refus d’un misérabilisme facile autour des quartiers de banlieue font du film de Baya Kasmi une parenthèse aussi joyeuse que chaleureuse. Un bol d’air frais, loin des idées préconçues sur l’intégration que la cinéaste égratigne au passage, avec beaucoup d’à propos, lors d’un mémorable débat littéraire télévisé.
Une comédie surprenante qui ne rechigne pas à aborder les rives d’une poésie fantasque, comme lors de cette énigmatique conclusion qui semble nous dire qu’écrire c’est toujours parler de soi et de son rapport au monde et qu’il serait bien vain de vouloir y échapper.
Souhaitons au film de Baya autant de succès que le roman de Youssef. Il le mérite.