Emprisonné suite à un braquage qui a mal tourné, un petit malfrat fort laid se voit proposer une opération de chirurgie esthétique afin de lui donner un visage plus avenant. Johnny saura-t-il saisir l’opportunité qui lui est offerte et changer de vie ou va-t-il retomber dans l’engrenage de la violence ?

Amateur d’affrontements saignants, Walter Hill tente une hybridation improbable entre le polar et Elephant Man. Tentative peu convaincante et malheureusement vouée au ridicule puisque le film aligne tous les travers en vogue dans les films d’action des années 80. Esthétique clip, scénario rempli d’invraisemblances, fin bâclée et méchants caricaturaux. Dans le genre, Ellen Barkin, coiffure de lionne et bouche de traviole, et Lance Henriksen, voyou d’opérette très cuir avec boucle d’oreille et tee-shirts sans manche, forment un couple particulièrement gratiné. Sans parler du romantisme à deux balles qui atteint ici des sommets lors d’une scène d’amour risible qui fait ruisseler de sueurs les corps d’Elizabeth McGovern et de Mickey Rourke (ce que c’est, quand même, d’être une bête de sexe au lit). Un Mickey Rourke qui flirte en permanence avec le ridicule, qu’il se trimballe avec ses hideuses prothèses sur la figure ou qu’il joue l’ouvrier beau gosse et bohème, vêtu d’un bleu de travail immaculé et coiffé d’un seyant petit bandana. Étonnant qu’il parvienne, en de rares occasions, à rendre émouvant son personnage qui ne peut, ni ne veut, échapper à son destin. Mais difficile également de faire mieux face à des acteurs de talents, comme Morgan Freeman ou Forest Whitaker, qui en sont réduits à jouer les utilités.
Le plus étrange, dans tout ça, reste le côté prémonitoire du film qui annonce, mais de manière inversée, le destin de l’acteur principal. Celui de Mickey belle gueule qui finira par briser sa carrière et son joli minois à force de boxe et d’excès. Surprenant.