Affiche du film Stoker
A l’enterrement de son père, une adolescente découvre l’existence d’un oncle qui s’invite dans la maison familiale. Une relation aussi sulfureuse que trouble va progressivement s’installer entre la jeune India, sa mère et le nouveau venu.
Dès les premiers plans étranges et beaux de Stoker, on comprend avec soulagement que Park Chan-Wook n’a rien perdu de son style en réalisant son premier film américain et sa mise en scène sophistiquée transforme peu à peu l’élégante demeure, où se déroule la quasi-totalité du film, en une véritable souricière où le trio s’affronte et se séduit tour à tour. Une ambivalence que le cinéaste parvient à rendre palpable, par petites touches, grâce à ses magnifiques enchevêtrements de plans ou lors d’un équivoque duo au piano. Un charme vénéneux à la limite du fantastique, une bande originale envoutante et une remarquable maestria formelle mis au service, et c’est bien là que le bât blesse, d’une banale histoire de vengeance – doublée d’une perte d’innocence – qui s’avère bien prévisible en dépit du talent des trois comédiens.
Séduisant mais artificiel, Stoker ne devrait pas laisser une grande trace dans l’éclectique filmographie de Park Chan-Wook.

Extrait de la bande originale.