Affiche du film Saint Amour
Jean déprime de voir son fils Bruno se désintéresser de l’exploitation familiale et profiter du salon de l’agriculture pour se saouler dans une route des vins improvisée.
Pour tenter de se rapprocher de lui, Jean l’entraîne sur la vraie route des vins en compagnie de Mike, leur jeune chauffeur de taxi.
Après Mammuth, Gustave Kervern et Benoît Delépine lancent Depardieu, toujours aussi rond et généreux, dans un nouveau périple gouleyant auquel ils convient un Benoît Poelvoorde bien corsé et un Vincent Lacoste primeur très canaille malgré sa jeunesse.
Grâce à la subtile alliance de ces trois crus d’exception, le duo de réalisateurs retrouve une typicité, mélange d’épicurisme et de satire sociale, qui s’était un peu éventée avec Le grand soir et Near Death Experience.
Se présentant sous forme de sketchs à l’humour plutôt charpenté, Saint Amour pétille joyeusement lorsque Poelvoorde se met en tête d’expliquer à Vincent Lacoste les « 10 stades de l’alcool » ou lors d’une nuit bien chambrée en compagnie de Michel Houellebecq.
Si le breuvage ne fait pas toujours dans le vin en dentelle et à quelques longueurs en bouche, il fait le plus souvent mouche et débouche sur de beaux moments de tendresse et d’émotion (les messages que laissent Jean à sa femme) dessinant, avec beaucoup de justesse, les relations parfois complexes entre un père et son fils.
Un bon millésime qui fait souffler un vent de liberté sur le cinéma français, réjouit les zygomatiques et dont les femmes – au cœur de chaque étape du périple – sont le sublime bouquet. Car, en plus du vin, Saint Amour est aussi un récit d’apprentissage sur le cœur des femmes.
Messieurs Kervern et Delépine ne changez rien.
Et surtout : « Bonne continuation ! ».