Affiche du film Crimson Peak
Une jeune américaine candide et fortunée – littéralement hantée par la mort de sa mère – s’éprend d’un séduisant Baronnet qui l’emmène vivre dans son sinistre château en Angleterre. Entre son inquiétante belle-sœur et de terrifiants spectres, les nerfs et la santé d’Edith vont être mis à rude épreuve.
Quelle tristesse de voir un cinéaste brader son talent pour tenter de garder sa place à Hollywood, affadissant au passage son style et son originalité pour rentrer dans la norme.
Allant jusqu’à plagier l’aspect de son poétique fantôme dans L’échine du diable, Guillermo del Toro nous offre dans Crimson Peak une série de hideux ectoplasmes au rendu trop numérique pour être réellement effrayant.
A l’inverse des décors baroques et surchargés de la vieille demeure, le scénario, d’une indigente pauvreté, nous resserre les éternels lieux communs sur les maisons hantées. Tandis que pour masquer son secret de Polichinelle, le réalisateur se cantonne dans le sursaut facile (notamment en abusant des effets sonores) plutôt que de tenter d’instiller une réelle angoisse.
Entre hommage et clins d’œil (l’héroïne se nomme Cushing comme le célèbre acteur de films fantastiques), la luxueuse demeure préfabriquée de Guillermo del Toro déçoit car elle ne parvient jamais à retrouver le charme vénéneux de La maison du diable de Robert Wise, ni l’ambiance frissonnante et gothique du château du Masque du démon de Mario Bava.
Mais le plus horrible se trouve dans la confrontation entre les deux actrices les plus fades du moment : Jessica Chastain et Mia Wasikowska. Leur affrontement en fin de film y atteint des sommets de Grand-Guignol. Face à elles, même Tom Hiddleston, plutôt convaincant, ne parvient à renouveler sa fantastique performance de Only Lovers Left Alive.
Bref, mieux vaut que l’adaptation de Lovecraft – dont rêve Guillermo del Toro – reste dans un tiroir si elle doit ressembler à ça…

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