Affiche du film Jupiter, le destin de l'univers
C’est l’histoire d’une Cendrillon russe, nommée Jupiter, partie récurer les chiottes en Amérique tout en rêvant qu’un jour son prince viendra.
Agressée par des extraterrestres ressemblant à celui de Roswell, la pauvrette ne doit son salut qu’à un ancien chasseur militaire interplanétaire aux gènes recombinés avec celui d’un chien (si, si !).
Le beau gosse un peu cabot, avec son regard de cocker triste, a flairé sa trace jusque sur la terre et a pour mission de l’emmener dans une sorte de Bavière astrale aux confins de la galaxie pour y rencontrer les Abrasax : riche dynastie galactique dont elle semble être la descendante…
Plus Sosotte impératrice que Sissi, Mila Kunis promène son joli minois inexpressif dans ce conte de fée futuriste qui ne brille pas par ses choix esthétiques. Car Jupiter, le destin de l’univers a tout d’une grosse meringue kitsch.
Un cas loin d’être isolé puisque, depuis Hunger Games et ses ridicules citoyens du Capitole, le mauvais goût semble être devenu la marque de fabrique de nombre de blockbusters américains. Comme si, après avoir gâté les papilles des spectateurs avec le soda et les popcorns, il fallait maintenant leur donner des goûts de chiotte (que Jupiter nettoie à plusieurs reprises dans une sorte de gag à répétition à chier).
Le scénario, simpliste, se met au diapason des décors et déroule bêtement son aventure saupoudrée de guimauve que vient pimenter un zeste de zoophilie, la belle tombant évidemment amoureuse de son sauveur mi-homme, mi-clébard.
Mais à quoi bon des personnages étranges s’ils n’ont aucune consistance ?
Les deux héros, comme leurs interprètes, sont bien fades et combattent une famille de têtes à claques neurasthéniques qui n’a vraiment rien de terrifiant. La palme du cabotinage revenant, haut la main, à Eddie Redmayne et sa voix traînante dans le rôle du méchant Balem.
Quant au bestiaire, propre à tout bon space opera, il frise le ridicule avec ses gros lézards volants et son Babar pilote de l’espace.
Si les tribulations spatiales de Jupiter parviennent à faire illusion, c’est uniquement grâce aux effets spéciaux, que les réalisateurs réussissent là aussi à plomber en abusant d’un montage hystérique qui pique les yeux et gâche la lisibilité des scènes d’action.
A la poursuite du succès de Matrix, le nouveau film des Wachowski n’est finalement rien de plus qu’un Jupiter mouillé.