Affiche du film Conjuring : Les dossiers Warren
Au cinéma, les deux principaux pigeons d’une maison hantée sont les médiums et les pauvres.
Les premiers, comme dans La maison des damnés, y vont de leur plein gré, tellement content de prouver l’existence des fantômes qu’ils se font souvent posséder eux-mêmes.
Les seconds, comme dans Les messagers, y vont un peu forcés, trop content d’avoir trouvé, pour un prix étrangement modique, une grande ferme perdue au fin fond de la campagne où monsieur va pouvoir laisser seuls femme et enfants pendant qu’il part travailler à plusieurs heures de là.
Avec Conjuring, James Wan nous propose la rencontre de ces deux pigeons, non sans avoir élaboré au préalable une projection test de sa future production (Annabelle) présentée sous forme d’une introduction tout à fait dispensable.
Heureusement, dès le que le couple Warren, spécialisé dans les enquêtes paranormales, se penche sur le cas d’une famille terrorisée dans leur maison par une présence maléfique, l’affaire repart sur les bonnes rails du classique train fantôme. Une attraction qui n’est pas dénuée de charme d’autant que le récit se déroule dans les années 70 et que l’horreur patte d’eph et rouflaquettes donne à l’ensemble un intéressant côté vintage. Que renforcent certaines séquences caméra à l’épaule reproduisant l’esthétique des films en super 8.
La première heure, particulièrement réussie, permet à James Wan de jouer avec habileté sur le versant frissonnant de l’horreur, une approche d’autant plus inquiétante qu’il l’associe à un jeu d’enfants : le cache-tape ou comment repérer, les yeux bandés, la cachette d’un des joueurs qui vous guide en tapant dans ses mains. Un jeu qui atteint son climax sur le palier d’une cave où l’un des protagonistes se retrouve enfermé. Sursaut garanti.
Dommage que la fin du film ne soit pas hantée par le même souci de faire naître la peur et tombe dans le travers facile du grand guignol. Tout d’abord en nous infligeant à nouveau Annabelle, l’horrible poupée de porcelaine, puis en transformant cette intrigante histoire de maison hantée en cas de possession qui vire à l’exorcisme grotesque et sanguinolent.
Un beau potentiel horrifique gâché, in fine, par un spectre un peu limité dans le domaine de l’épouvante, c’est peut être ça qui est finalement le plus effrayant.

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