Affiche du film In the cut
Frannie est professeur de Lettres à New-York.
Jolie mais coincée de la fesse, elle vit seule et préfère se réfugier dans l’étude des romans policiers et de l’argot plutôt que de s’envoyer en l’air.
Un soir, dans les toilettes d’un bar, elle découvre une femme prodiguant une gâterie à un homme portant un curieux tatouage sur le poignet.
Une scène torride qui va la faire fantasmer jusque dans son lit, alors qu’en bas de chez elle une femme se fait assassiner.
Un crime qui lui permet de rencontrer Malloy, le policier chargé de l’enquête : un moustachu qui n’a vraiment pas sa langue dans sa poche… dans tous les sens du terme. A son contact, la belle va lentement sombrer dans un univers où jouir et souffrir sont les deux faces de la même pièce.
Le polar, qui plus est érotique, revisité par une femme de la trempe de Jane Campion, voilà qui avait de quoi susciter le désir, sinon l’intérêt. D’autant que la réalisatrice de La leçon de piano est parvenue à débaucher pour son film la reine de la comédie romantique : la sage Meg Ryan qui avait su charmer nos oreilles par ses cris de jouissance débridés dans Quand Harry rencontre Sally.
Mais Eros n’en fait qu’à son bon plaisir et n’a visiblement pas daigné se pencher sur In the cut, laissant le soin au demi-dieu ayant conseillé David Hamilton de souffler ses mots flous aux oreilles de Campion. S’en suit un banal thriller nocturne, à l’enquête aussi vague et stéréotypée que ses images, qui s’évertue à faire ressentir le trouble de son héroïne à grands renforts de plans pas nets et mal cadrés. Une mise en scène chichiteuse d’autant plus frustrante que la mise en bouche dans le bar louche démarrait plutôt bien.
De là à penser que Jane Campion a mis plus de fougue à frustrer son public qu’à peaufiner son intrigue qui ne tient que sur des banals faux-semblants…
Quant à Meg Ryan, encore épargnée par les ravages de la chirurgie esthétique, elle ne dévoile pas grand-chose (même si l’argumentaire de l’affiche française prétend le contraire), limitant son interprétation sulfureuse à une poitrine dénudée, à quelques masturbations tout juste explicites et à des airs de jouissance qui évoquent une nouvelle fois la simulation plus que la réelle extase.
Pas de quoi s’extasier non plus devant la prestation moustachue soi-disant sexy du falot Mark Ruffalo !
Une vraie tromperie sur la marchandise qui fait dire que, si pour les amateurs de polar, In the cut n’atteint pas son but, les amateurs d’érotisme, eux, l’ont vraiment In the cul !

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