Affiche du film Maps to the stars
A Hollywood, les destins croisés d’une actrice sur le déclin, d’un gourou pour célébrités, d’une jeune femme en partie défigurée, d’un enfant star et d’un chauffeur de limousine.
Après le décevant Cosmopolis, Cronenberg poursuit avec Maps to the stars l’exploration des névroses humaines et de leurs monstrueuses conséquences. Une thématique déjà à l’œuvre dans Spider et devenue prédominante dans son œuvre depuis A dangerous method.
Avidité, addictions, jalousie, inceste, sexualité débridée, sadisme et égocentrisme forcené sont donc disséqués, non sans humour et dérision, par l’objectif froid du cinéaste qui situe son récit au cœur de la Mecque du cinéma où ces pulsions sont censées être légions.
Cette carte des étoiles que nous invite à suivre Cronenberg n’est pas un tour d’horizon des villas des célébrités disséminées sur les collines d’Hollywood mais un plan donnant accès aux différents troubles et perversions de ces stars.
Dans ce voyage intérieur au pays des névroses, Julianne Moore livre une performance stupéfiante, tour à tour pathétique, émouvante et effrayante.
Sans crainte du ridicule, elle se donne entièrement à son personnage et est l’atout principal d’un film qui reste trop souvent bancal.
La faute à la multiplicité des sous intrigues qui nuisent au récit principal et l’allongent inutilement ainsi qu’à une critique du petit monde du cinéma qui se complaît dans les poncifs et les allusions pour initiés.
En voulant la jouer fine et lettré, Paul Eluard cité ad nauseam, le cinéaste manque de subtilité et sa charge contre le rêve Hollywoodien finit par sentir le déjà vu.
Dommage que Cronenberg se soit éloigné de son ancien genre de prédilection : le fantastique. Car c’est quand il matérialise les spectres du remord, propre à chacun des personnages, que Maps to the stars parvient enfin à nous hanter et à faire ressentir l’angoisse et la folie auxquelles il était voué.

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