Affiche du film Pitch Black
A la suite d’une pluie de micro-météorites qui ont endommagé sa coque, un vaisseau spatial transportant des voyageurs atterrit en catastrophe sur une planète aride réchauffée par trois soleils. Tout en tentant de survivre à la chaleur du désert, les rescapés doivent faire face à la présence parmi eux d’un redoutable criminel nyctalope nommé Riddick. Jusqu’à ce qu’une menace, invisible et beaucoup plus effrayante, les oblige à unir leurs forces.
Belle surprise et indéniable réussite que ce Pitch Black.
Sur le thème archi rebattu d’un groupe d’individus isolés devant affronter un danger inconnu, David Twohy réalise un film de science-fiction efficace dont les nombreuses trouvailles compensent largement le manque évident de moyens.
Trouvailles visuelles, tout d’abord, qui exploitent avec finesse les contrastes du scénario. Grâce à un judicieux travail sur la photo, le cinéaste parvient à rendre tangible la chaleur ainsi que la présence perpétuel des trois soleils (à l’aide d’images surexposées et de trois filtres de couleurs différentes) avant de faire brutalement basculer sa planète dans le noir. Dans cette obscurité permanente, la lumière tant redoutée devient cette fois un élément essentiel à la survie du groupe. Même si la lueur d’espoir qu’elle procure peut aussi donner un aperçu du cauchemar ambiant, comme dans cette très belle scène où l’antiquaire, perdu dans le noir, joue au cracheur de feu, faisant fugacement sortir des ténèbres les monstres qui l’entourent.
Trouvailles scénaristiques, ensuite, où le cinéaste s’amuse à multiplier les fausses pistes. Partant d’une trame classique, David Twohy ne dévoile que progressivement son sujet et s’ingénie à brouiller les repères, passant avec aisance du film de survie en milieu hostile, au thriller avec tueur psychopathe pour terminer sur un film de monstres.
Les personnages s’avèrent, d’ailleurs, aussi contrastés que le récit dans lequel ils évoluent. La pilote qui, pour sauver sa peau, voulait se séparer des passagers pendant le crash prend ensuite tous les risques pour tenter de les sauver, tandis que le sympathique chasseur de prime dévoile progressivement sa vraie personnalité.
La grande idée étant de transformer progressivement le criminel redouté en possible sauveur et les « gentils » voyageurs en opportunistes qui choisissent de s’associer à celui qu’ils considéraient comme un monstre pour échapper à une menace encore plus grande.
La qualité de l’interprétation participe grandement à la réussite de Pitch Black. Dans les rôles principaux, Radha Mitchell et Vin Diesel sont particulièrement convaincants et ambigus. Une ambiguïté touchante pour l’une et réellement inquiétante pour l’autre.
En ménageant intelligemment ses effets et en jouant sur la suggestion et la peur du noir, David Twohy confirme qu’il est encore possible de faire d’excellents films de science-fiction sans gros budget ni compromis au politiquement correct. A ce titre, le final risque d’en surprendre plus d’un alors qu’il ne fait que respecter l’esprit, très sombre, du film.

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