Affiche du film Prometheus
Une équipe de scientifiques part pour une planète lointaine à la recherche d’une race extraterrestre venue sur terre il y a des milliers d’années et dont ils ont retrouvé la trace dans différentes civilisations. Des « ingénieurs » qui pourraient être à l’origine de l’humanité…
Le retour de Ridley Scott à l’univers d’Alien était attendu depuis des années par tous les fans de la saga mais aussi un peu redouté. Sa nouvelle contribution allait-elle être à la hauteur du film qui l’avait révélé ?
Malin et sans doute peu intéressé à l’idée de refaire ce qu’il avait déjà fait il y a 33 ans, le cinéaste préfère nous proposer « une origine » à l’univers qu’il a créé plutôt que de livrer une suite de plus à son film. L’âge venant, Ridley Scott semble, en effet, plus intéressé par les questions qui tenaillent son héroïne ou le vieux Peter Weyland, qui finance l’expédition scientifique, que par les célèbres xénomorphes imaginés par Giger.
Au risque de décevoir les attentes, Prometheus préfère se pencher sur la race du pilote géant (le Space Jockey) découvert fossilisé aux commandes de son vaisseau dans Alien et choisit de privilégier une quête plutôt qu’un énième huis clos mêlant horreur et épouvante. Un parti pris original qui aurait été plus passionnant si les personnages, nombreux et trop peu développés, n’agissaient pas de façon ridicule ou incompréhensible. Un manque de consistance et d’originalité (l’androïde est, encore une fois, peu fiable) qui finit par virer à la caricature et amoindrit la portée du propos. Noomi Rapace, pourtant si convaincante dans la trilogie Millenium, paraît ici bien fade et Charlize Theron n’a pas grand chose à défendre. Et quelle idée d’avoir grimé Guy Pearce en vieillard plutôt que de faire appel à un comédien plus âgé ?
Ces réserves faites, le film, plus intriguant qu’effrayant, se laisse suivre sans déplaisir, Ridley Scott nous gratifiant d’un spectacle visuellement magnifique et de quelques scènes particulièrement réussies comme l’avortement express ou l’apparition fantomatique des « ingénieurs ».
Il ne reste plus qu’à espérer que la suite en projet se démarque définitivement de la saga Alien et poursuive son propre voyage vers de nouvelles contrées.