Affiche du film Passion
Séduction, perversion, trahison et manipulation entre deux femmes au sein de la filiale allemande d’une grosse agence de publicité américaine.
Rien à dire, le cahier des charges du nouveau film de Brian De Palma est rempli et tous les thèmes chers au réalisateur de Pulsions sont bien au rendez-vous.
Tous sauf la fameuse Passion du titre.
Une passion que semble avoir perdu le cinéaste qui se cherche et tourne en rond depuis L’Impasse, son dernier grand film au titre – français – étrangement prémonitoire.
A défaut d’une mise en scène originale, De Palma nous livre ici une version cinématographique du jeu « Où est Charlie ? » qui pourrait s’intituler : « Où est Brian ? ». Car dans cette histoire (inspirée du dernier film d’Alain Corneau : Crime d’amour), faux-semblant, meurtrier masqué, double personnalité, sexe, voyeur et escalier s’enroulent encore une fois jusqu’au vertige dans un jeu de piste futile et prévisible auquel seuls les fans de l’œuvre de De Palma trouveront peut-être un intérêt, en s’amusant à reconnaitre les clins d’œil à ses films emblématiques des années 1970-1980, d’Obsession à Body Double.
Dommage que là où le réalisateur innovait avec ses thrillers psychologiques et horrifiques, entre hommage à Hitchcock et au Giallo italien, il ne reste plus aujourd’hui qu’un plagiat ridicule et indigeste de sa propre filmographie, qui ramène son nouveau film au niveau du calamiteux Femme Fatale.
Peut-être faudrait-il penser à interdire au cinéaste de tourner en Europe où son cinéma semble tourner à vide ? A l’image de cette scène de meurtre en écran divisé qui n’a d’autre intérêt que la beauté (formelle) du geste.
A moins que De Palma ne considère le vieux continent comme un terrain d’expérimentation ?
Passion serait alors une hybridation ratée entre Amour, gloire et beauté, Derrick et un téléfilm érotique – chic et toc – du dimanche soir ? Et la musique de Pino Donaggio, un travail lui aussi auto-parodique et dissonant ?
Quoiqu’il en soit, rarement une partition aura été aussi peu en adéquation avec son film.
Sortir de cette Impasse artistique serait-elle Mission impossible pour le réalisateur de Scarface ? En tous cas, ce ne serait pas lui faire Outrages que d’espérer qu’il revienne à l’adaptation d’une série à succès des années 1960-1970 façon Les Incorruptibles ou mieux : à une de ses fructueuses collaborations avec Al Pacino…

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