Affiche du film Millenium de David Fincher
Journaliste d’investigation, Mikael Blomkvist est engagé par un vieil et riche industriel pour trouver l’assassin de sa nièce Harriet, mystérieusement disparue il y a 40 ans. Plongeant dans les méandres d’une famille au passé trouble, Blomkvist va devoir faire appel au talent de Lisbeth Salander, jeune hackeuse travaillant pour une agence de détective, pour mettre à jour la vérité.
Avec Millenium, David Fincher propose une adaptation cinématographique plutôt respectueuse du premier volet de la trilogie à succès de Stieg Larson. Nulle transposition de l’intrigue aux Etats-Unis. Le récit se déroule bien en Suède et suit habilement les méandres du roman en respectant les personnages et les relations qui se nouent entre eux. Surtout, à côté de l’intrigue policière, le réalisateur n’oublie pas de développer la liaison amoureuse entre le journaliste et Lisbeth Salander qui faisait aussi le sel du récit.
Malheureusement, le film hérite aussi des travers du réalisateur de Seven : images léchées et style publicitaire. Passé un générique ridicule et un peu hors sujet singeant ceux des James Bond (la présence de Daniel Craig y est sans doute pour quelque chose), le récit déploie ses aspects glauques au milieu de magnifiques paysages ou de plans très esthétisants que rehaussent des acteurs aux allures de gravures de mode. Daniel Craig, Robin Wright et Joely Richardson sont loin d’être repoussants. Et si Rooney Mara est plutôt convaincante dans le rôle de la hackeuse punk tatouée, le réalisateur ne peut s’empêcher de dévoiler sa vraie beauté lors de quelques scènes où il l’affuble d’une perruque blonde. Un peu comme si il souhaitait souligner la performance de son actrice dans ce rôle de composition pas vraiment glamour. A la longue, ce travail un peu artificiel sur la forme finit, paradoxalement, par décrédibiliser l’intrigue en lui ôtant de sa noirceur. Noirceur qu’était parvenue à rendre, malgré ses nombreux oublis, l’adaptation précédente avec son image au rendu brut et ses acteurs au profil plus commun, donc plus plausible. Il est, en effet, difficile de parler de cette nouvelle version cinématographique de Millenium sans avoir en tête le film de Niels Arden Oplev sortie il y a maintenant quatre ans. Difficile aussi d’oublier la composition remarquable de Noomi Rapace dans le rôle-titre, ni l’aspect nostalgique de l’enquête de Mikael Blomkvist (Harriet y était présentée comme son premier émoi amoureux). Motivations réduites ici à un simple moyen de se venger de l’industriel qui l’a fait condamner.
Heureusement que le film de Fincher gagne en efficacité narrative ce qu’il perd en poésie. Il permet au spectateur de passer un bon moment même si l’adaptation idéale du roman de Stieg Larson se trouve sans doute à mi-chemin entre celle-ci et la version suédoise.
Question de point de vue.