Affiche du film Les Adieux à la reine
Versailles, 14 juillet 1789, Sidonie Laborde est la lectrice attitrée de Marie-Antoinette à qui elle voue une admiration sans borne. Mais aux premiers jours de la Révolution française, jusqu’où ira sa fascination et son amour aveugle pour la reine ?
Chronique journalière d’une employée royale à l’aube des grands bouleversements de 1789, Les Adieux à la reine passe en partie à côté de son sujet en abordant la Révolution française par le petit bout de la lorgnette. Non pas que la vie et les désagréments des nobles et de leurs domestiques soient inintéressants, (bien au contraire : la première scène où Sidonie se réveille en se grattant le bras couvert de piqûres de moustiques a le mérite de rappeler que Versailles a été construit sur des champs entourés de marais et il n’est pas inutile de montrer que les nobles, dont certains possédaient de belles propriétés en régions, venaient s’enterrer dans des logements en soupente pour avoir le « privilège » de vivre à la cour) mais Benoît Jacquot les évoque à peine préférant suivre les affres et les petits émois de sa lectrice ainsi que la liaison homosexuelle (croustillante mais supposée) de la reine avec Gabrielle de Polignac. Comme si, à la manière du Marie-Antoinette de Sofia Coppola, il tentait de donner une modernité – bien vaine – à son récit : via une métaphore sur la célébrité et les liens ambigus qui se nouent entre une star (ici, Marie-Antoinette) et sa plus fervente groupie.
Les Adieux à la reine a beau avoir été tourné à Versailles, il sonne le plus souvent faux à l’image du jeu de la comédienne principale. Avec son air fade et son interprétation atone, Léa Seydoux (qui n’a d’autres atouts que d’être la petite-fille de…) a autant de charisme qu’une huitre. A ce propos, il est amusant de noter une constante chez le réalisateur des Ailes de la colombe, celui d’avoir le chic pour s’entourer d’actrices agaçantes. Au milieu d’Isabelle Huppert, Judith Godrèche, Virginie Ledoyen, Isabelle Adjani ou Isild Le Besco, Léa Seydoux ne dépare pas dans la galerie de ses héroïnes têtes à claques.
A tout seigneur tout honneur, dans le rôle du couple royal, Xavier Beauvois et Diane Kruger tirent honorablement leur épingle du jeu. De même que l’interprétation malicieuse de Michel Robin et celle toute en nuances de Noémie Lvovsky – dans le rôle de Mme de Campan – donnent un peu de relief à un récit finalement très convenu.
Au même titre que sa lectrice sombrant corps et biens dans l’anonymat de l’Histoire, Les Adieux à la reine ne devraient pas laisser grandes traces au panthéon des films sur la Révolution française.