Affiche du film Sept fois femme
Très prisé en Europe, et plus particulièrement en Italie, dans les années 50/60, le film à sketches est devenu un genre moribond qui a quasiment disparu de nos écrans, hormis quelques rares exceptions : Eros en 2005 ou Paris, je t’aime en 2006…
Souvent rassemblés sous des thématiques hasardeuses, ces courtes scènes aux qualités inégales avaient fini par lasser le public. Et on comprend pourquoi en découvrant ce : Sept fois femme qui prend pour prétexte d’illustrer sept aspects de la femme. Et quels aspects ! Une veuve joyeuse, une femme trompée finalement heureuse de l’être, une femme impudique donc forcément un brin dérangée, une femme folle… d’amour, une épouse capricieuse et hystérique, une femme suicidaire et lâche, une femme nunuche et par conséquent romantique. Bref, des portraits peu reluisants qui, s’ils donnent une certaine idée de la place des femmes à la veille de mai 68, sont surtout là pour mettre en avant le talent – et la plastique – de Shirley MacLaine.
Tourné à Paris (le film vaut surtout pour ses extérieurs, aujourd’hui disparus, de la capitale), Sept fois femme n’a d’yeux que pour l’actrice qui cabotine à l’excès. Grimaçante, riante, hurlante, pleurante (surtout !), elle est de tous les plans. Tandis qu’à ses côtés, réalisateur et comédiens cachetonnent et semblent s’ennuyer poliment.
A des années lumière du Voleur de bicyclette ou du Jardin des Finzi Contini, on peut en effet se demander si Vittorio De Sica se trouve derrière la caméra pour filmer ces saynètes prévisibles aussi drôles que des blagues Carambar.
Quant aux partenaires masculins de la diva, ils font bien pâle figure.
Peter Sellers dans un long monologue au milieu d’un cortège funéraire n’a pas l’occasion de faire preuve de son talent comique (si ce n’est en prenant l’accent français…).
Vittorio Gassman se fait voler la vedette par les scènes de nus de Shirley MacLaine. Scènes qui valent le détour par la façon dont le réalisateur s’est ingénié à masquer les zones « sensibles » de son actrice en abusant des gros plans ou des pots de fleurs judicieusement placés. (Mike Myers et son Austin Powers lui ont tout piqué !). En tous cas – jaloux ou conscient de tourner dans un navet ? – l’acteur italien n’est pas crédité au générique et le sketch où il apparait n’est même pas cité à la fin.
Quant à Philippe Noiret, caution française du film, il baragouine avec son flegme désinvolte deux ou trois répliques en anglais tandis que Michael Caine récolte un rôle entièrement muet ! Quoiqu’il en soit, l’épisode où il apparait est sans doute le plus réussi et le plus nostalgique… Sans doute parce que la grande Shirley l’a enfin mise en veilleuse pour laisser respirer son personnage.
Pour faire court : Sept fois femme ? Peut-être ! Sept fois fade ? Assurément !

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