Affiche du film Taken
Une jeune américaine se fait enlever lors de son séjour en France. Manque de pot pour les ravisseurs, son père est un ancien agent des services secrets américains…
Luc Besson vient de créer son Jason Bourne à lui. Mais tout en décalquant – mal, comme d’habitude – ce qui a fait le succès de son aîné (action sur vitaminée et combats au corps à corps) il y ajoute un discours ambigu et franchement déplaisant. Plaidoyer pro-Bush jouant sur la peur des pays étrangers en général et de la France en particulier, Taken soutient que le monde n’est rempli que de terroristes et que, hors des USA, personne n’est en sécurité (pourtant, traverser un campus américain semble beaucoup plus dangereux que de se promener dans le 20ème arrondissement de Paris). Bref, la capitale serait aux mains des Albanais et la police française (forcément corrompue ou incompétente) laisserait faire.
Heureusement, le grand héros américain (L’irlandais Liam Neeson, complètement hagard) est là pour venir remettre de l’ordre et accessoirement récupérer sa progéniture. Il vous trucide une armée de tueurs en deux temps trois mouvements et n’hésite pas à utiliser les bonnes vieilles méthodes pour faire parler ses ennemis. Il torture donc allègrement à l’électricité un des kidnappeurs de sa fille tout en lui faisant remarquer la qualité des installations électriques des pays occidentaux comparée à celle des pays du tiers monde, souvent soumis à d’intempestives coupures de courant qui empêchent de torturer en paix.
Finalement, un tel cynisme n’a d’égal que la volonté du producteur décidé à vendre son produit outre-Atlantique, quitte pour cela à flatter les plus bas instincts de ses spectateurs.