La Chine, en 208 après J.-C.
Deux rois s’opposent aux visées d’annexion de leur royaume par l’empereur et son conspirateur de Premier ministre. Leur affrontement donnera lieu à la bataille de la Falaise Rouge.
Après un long séjour passé aux USA, le retour de John Woo dans son pays natal est une véritable renaissance puisqu’il nous offre un de ses plus beaux films. Les 3 royaumes est un film de guerre, un film de sabres plus exactement, qui met en scène des combats d’une rare virtuosité alliant un sens du rythme épique et une fluidité redoutable.
Depuis Braveheart, qu’il surclasse, rarement batailles et stratégies guerrières – inspirées de Sun Tsu – n’ont été exposées et filmées de façons aussi limpides, voir ludiques. A ce titre, la technique utilisée pour récupérer les flèches ennemies est un joli moment d’humour.
Cependant, ce serait faire injure au réalisateur d’A toute épreuve que de réduire Les 3 royaumes à une simple succession de hauts faits guerriers.
Le récit, tout comme ses héros, sait prendre son temps – comme dans le très beau passage de la flûte – et aspire à une certaine sérénité.
Il est aidé en cela par les jeux habités de Tony Leung (In the mood for love) et Takeshi Kaneshiro (Le secret des poignards volants) qu’équilibrent deux beaux portraits féminins à l’importance cruciale.
Seul regret, le film est présenté en occident dans une unique version de 2h25 alors que le public asiatique a eu droit à deux films de 2h30. D’où certains raccourcis scénaristiques assez sensibles dans la version qui nous est montrée. On ne peut que le déplorer et espérer voir un jour cette œuvre foisonnante dans son intégralité.
Il n’en reste pas moins que, même diminué de moitié, Les 3 royaumes reste un film de sabres aux thématiques riches et subtiles.
Quand L’Art de la guerre tient à une tasse de thé… C’est tout bonnement une réussite !