Detective Dee
De mystérieuses combustions spontanées, touchant des notables de la cour impériale, surviennent quelques jours avant le sacre de la future impératrice.
Ordre est alors donné de sortir de prison le célèbre Juge Dee afin qu’il enquête sur cette inquiétante épidémie.
Le plus grand film depuis Tigre et Dragon annonce l’affiche. Malheureusement, cette affirmation tient plus de l’opportunisme publicitaire que d’un réel constat.
Détective Dee n’a ni la grâce et la poésie du film de Ang Lee, ni la beauté formelle et la virtuosité des films de Zhang Yimou (Hero ou Le secret des poignards volants) et ne retrouve jamais la violence et l’intensité dramatique de The Blade (1996) qui reste, sans doute, le meilleur film de sabre de Tsui Hark.
Détective Dee n’est pourtant pas déplaisant par son habile mélange de combats de haute volée et d’intrigue policière. La prestance mêlée de désinvolture d’Andy Lau, dans le rôle titre, participe également au charme du film.
Dommage que le réalisateur de Time and Tide n’ait pas insisté sur l’humour dont il a toujours su faire preuve dans sa filmographie. A l’image de la scène du rasage du détective où se mêle, avec brio, action échevelée et moments de comédie.
Outre quelques longueurs et un trop grand nombre de personnages sous exploités, si le résultat n’est pas à la hauteur des attentes, c’est surtout parce que les effets numériques sont trop visibles et viennent briser le lyrisme du spectacle.
Les décors de fond et les vues générales – sur le port et sa statue géante – même si ils sont majestueux font peu naturels.
Les effets spéciaux préfèrent privilégier cascades et acrobaties en image de synthèse plutôt que l’utilisation systématique des câbles dont le rendu est pourtant bien plus spectaculaire et poétique. Il en résulte des combats difficiles à suivre car trop rapides pour l’œil et des mouvements souvent flous.
Et que dire du rendu plat et lisse de l’image sinon que le « tout numérique » saute ici tellement aux yeux qu’il donne la désagréable impression d’assister à un téléfilm sans relief.
Heureusement que l’enquête se suit sans déplaisir faisant du Juge Dee un cousin éloigné de Sherlock Holmes fort respectable à défaut d’être éblouissant.

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