Babydoll n’a pas de chance, elle se trimballe un prénom à la con, sa mère vient de mourir et sa petite sœur a été assassinée par son beau-père. Pour couronner le tout, et empocher l’héritage de sa femme, ce dernier fait enfermer la blondinette dans un asile où il charge un infirmier de la faire lobotomiser. Par la force de son esprit et avec l’aide de quatre détenues (aux prénoms aussi crétins que le sien : Sweet Pea, Rocket, Blondie et Amber), elle va tenter de se faire la belle.
Surprenant Zack Snyder qui foire, quasiment, un film sur deux depuis qu’il fait du cinéma et chez qui l’unique constante est de construire un univers visuel inédit destiné à titiller la rétine du spectateur.
Mais sans une base scénaristique solide (L’Armée des morts était le remake du Zombie de George A. Romero et Watchmen l’adaptation de la célèbre BD de Moore et Gibbons) Snyder semble ne pas avoir grand-chose à dire (La bataille des Thermopyles, dans 300, se réduisant à un combat entre une bande de blancs belliqueux adeptes du coup de trique et de monstrueux perses aux pratiques sado-maso).
Sucker Punch est, hélas, de la même veine que 300 et reprend les petits fantasmes chers au réalisateur.
L’asile où est enfermée Babydoll se métamorphose en bordel où les prisonnières sont réduites à l’état de poupées délurées et les cinq amazones armées jusqu’aux dents – forcément vêtues de tenues sexy très, très légères – trucident les méchants à la chaîne dans de longs clips mélangeant allègrement mangas et jeux vidéos.
On passe alors d’une version survoltée de Dead or Alive où Babydoll – en mini jupe plissée, bas noirs et couettes d’écolières – fait la peau à trois samouraïs géants tout en prenant la pose, à une scène que l’on croirait issu du jeu Wolfenstein avec mitraillage de vilains morts-vivants nazis planqués dans des tranchées. Puis d’une variante du Seigneur des anneaux à un clin d’œil aux androïdes de I, Robot.
Le réalisateur a fait ses armes dans le monde du clip et de la publicité et cela se voit… un peu trop, malheureusement !
Au final, son récit, franchement glauque, sert d’alibi à une esbroufe visuelle totalement vaine et ne repose que sur une seule idée déjà brillamment exploitée dans Brazil.
Mais là où Terry Gilliam avait intelligemment su la développer sur les dix dernières minutes de son film, Zack Snyder l’étire sur toute la durée du sien !
1h50 pour une idée c’est long. Surtout quand, entre deux bastons, les héroïnes ouvrent la bouche pour débiter une philosophie de bazar toute droite sortie de la série Kung-Fu (1972) ou pour proférer des lapalissades – dignes d’un entraineur de foot au lendemain d’un match nul – qui pourraient se résumer à : « Quand on n’a pas de solutions pour gagner, il faut savoir ne pas perdre ! »
Mais laissons à Shakespeare le mot de la fin : Sucker Punch c’est vraiment « Beaucoup de bruit pour rien » !

Cliquez ici pour voir la bande-annonce.