Que penser d’un film dont le titre a un pouvoir aussi évocateur qu’un slogan publicitaire pour la RATP ?
Que penser d’un film dont le premier morceau musical est un air de Bagad alors que dans le scénario il n’y a aucune référence à la Bretagne ni au monde celtique ?
Que penser de tous ces dialogues pompeux tout droit sortis d’un livre ? (Ah, la fameuse scène du repas dans la maison de campagne de l’avocat !).
Que penser de cette histoire de bar-mitsvah et des ridicules problèmes de couple du fils de l’avocat ?
Que penser du jeu monolithique de Duvauchelle et de sa manière de fumer le cigare ?
Que penser de cette musique inquiétante accompagnant la marche d’un enfant sur un ponton alors qu’il ne se passe rien ?
Que penser de la fuite de l’héroïne sur une barque, sous une pluie diluvienne, dans un décor rappelant plus la nature hostile de Délivrance (bonjour le symbole) que la campagne de la banlieue parisienne ?
Que penser, enfin, de cette histoire de fausse agression qui semble se transformer en vrai détournement de mineur ? (Passage qui a certainement dû inquiéter le réalisateur puisqu’une scène vient expliquer qu’il ne s’est finalement rien passé…)
Oui, quoi penser ?
Que Téchiné n’a finalement pas grand-chose à dire et qu’il délaye son film entre futilités, intrigues annexes et plans fixes sur son héroïne qui patine dans la vie réelle comme elle patine dans sa tête ?
Que Téchiné n’a pas voulu prendre de risques ? Pourtant, un vrai sujet – autrement dérangeant – est évoqué au cours du film. Quelles raisons ont poussé médias et politiques à monter en épingle une affaire sur laquelle ne reposait aucune preuve tangible ? N’y avait-il pas la volonté délibérée de jouer, une fois de plus, sur la peur des jeunes de banlieues tout en stigmatisant la soi-disant lâcheté de la population qui laisse faire ces agressions ?
Des questions auxquelles Téchiné se garde bien de répondre, préférant inventer un nouveau genre cinématographique : Le film improbable inspiré d’un fait divers réel !

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