Véritable OVNI dans la production française actuelle, il faut aller voir et soutenir Johnny Mad Dog.
Grâce à un casting étonnant et à une caméra très mobile, Jean-Stéphane Sauvaire dénonce les exactions d’une bande d’enfants manipulés par leurs aînés, au cœur d’un conflit où les civiles sont les premières victimes des combats et des pillages. Parallèlement, il s’attache aussi à la fuite désespérée d’une jeune adolescente, Laokolé, et à ses efforts pour sauver son père et son jeune frère tandis qu’autour d’elle les enfants soldats commettent leurs forfaits.
Œuvre forte et sans concession, Johnny Mad Dog pointe du doigt l’absurdité d’une guerre qui n’a aucun sens, sinon celui du profit, l’impuissance des forces de l’ONU, les familles brisées et la destruction mentale et physique de ce qui fait l’avenir d’un peuple : ses enfants !
Malgré tout, ce film reste aussi un chant d’espoir.
Laokolé, jeune fille instruite, garde son humanité et sa dignité alors que le chaos fait rage. Tandis que les jeunes soldats qui « jouent » à être des hommes laissent poindre des restes d’enfance (donc d’humanité) notamment par les déguisements dont ils s’affublent. Ces restes d’enfance qui résistent en eux, et que des adultes sans scrupules n’ont pas réussi à gommer, brillent comme la lueur d’un possible renouveau.
Le film se termine par une série de photos du conflit qui a ravagé le Liberia, venant nous rappeler, si il en était besoin, que tout ce que nous venons de voir n’est pas de la fiction et que celle-ci est, comme bien souvent, en-dessous de la réalité.