patients
Tétraplégique suite à un grave accident, Ben se retrouve dans un centre de rééducation où il va devoir apprendre à se reconstruire, tout en découvrant un nouvel univers : celui du handicap. Sans jamais se départir de son humour ni de son sens de la répartie, il va se faire de nouveaux amis. Des infirmiers, des kinés et, bien sûr, des blessés de la vie, comme lui.
Patient parmi tant d’autres, il va devoir s’armer de patience.
Dans la lignée de Intouchables, c’est avec énormément d’humour et de dérision que Grand Corps Malade et Mehdi Idir abordent le thème du handicap, sans pour autant chercher à l’édulcorer, ni sombrer dans le pathos et la larme facile.
Comme nous le précise un texte en début de film : Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé n’est absolument pas fortuite. Dès lors, il devient très clair que derrière le parcours de Ben se cachent les souvenirs de Grand Corps Malade, ainsi que son goût pour les mots qui font mouche. L’art d’être engagé sur un ton détaché.
Nul manichéisme dans le propos. Il y a de tout chez les handicapés, des gens biens mais aussi des crétins. Même Ben n’a pas toujours un comportement exemplaire. Mais c’est en s’attachant aux qualités comme aux défauts de leurs personnages que les cinéastes en dressent un portrait sensible et juste, profondément humain.
Les acteurs, tous excellents, contribuent grandement à la réussite du film. Pablo Pauly tout particulièrement qui, dans le rôle de Ben, ne ménage pas sa tchatche, ni sa peine. La mise en scène suit au plus près l’évolution de son personnage. Le point de vue – d’abord subjectif – s’élargit peu à peu. Tout comme le monde s’ouvre progressivement pour Ben à mesure qu’il progresse dans son combat contre le handicap.
Si l’humour est parfois la politesse du désespoir, elle est aussi une force. Grand Corps Malade, sans vers de mirliton, le prouve ici avec beaucoup d’esprit.