« L’amour contrarié sur fond de clan mafieux » semble être un des premiers cercles du polar à la française, celui dont nos cinéastes ont du mal à se sortir, faisant sombrer peu à peu le spectateur le plus conciliant dans un profond ennui. Ce film, hélas, ne déroge pas à la règle et aggrave son cas en cumulant tous les poncifs en cours sur le genre. Du chef de clan dur et intransigeant au policier opiniâtre cherchant vengeance en passant par la jeune femme innocente prise dans la tourmente. On y trouve même un super casse génial… Enfin sur le papier, parce qu’à l’écran c’est plutôt économie de moyens et rebondissements improbables. (Il faut dire que le réalisateur a tellement bien cloisonné son gang Arménien qu’il lui faut une énormité scénaristique pour pouvoir faire avancer son intrigue).
Et les acteurs dans tout ça ? Ils tentent courageusement de faire exister leur personnage dans un registre limité et très (trop ?) codifié. Mention spéciale à Gaspard Ulliel et à Sami Bouajila. Quant à Jean Reno… Le regard morne et le visage inexpressif, il semble avoir décroché le rôle du chef de clan uniquement parce que Droopy n’était pas disponible pour le tournage.
Cinéastes et scénaristes : unissez-vous et élargissez vos horizons car, à trop vouloir rester dans le premier cercle, vous finissez fatalement par tourner en rond !