Raiponce, une jeune fille aux longs cheveux magiques, vit recluse dans une haute tour jusqu’au jour où Flynn Rider, un fringuant brigand, vient y trouver refuge.
Seconde association artistique entre Disney et Pixar après Volt (John Lasseter créateur de Toy Story est producteur exécutif du film) la nouvelle rencontre entre ces géants de l’animation avait tout pour séduire.
Et, de fait, on retrouve dans ce dessin animé tout le savoir faire des deux studios.
Une animation en image de synthèse convaincante, un humour enlevé et très référentiel (Ratatouille apparaît brièvement dans la taverne des brigands et Flynn Rider dévale une mine désaffectée avec des glissades rappelant celles du Tarzan de Disney) mais que les plus petits ne comprendront pas forcément (le vol d’une couronne à la manière de Tom Cruise dans Mission Impossible).
Un personnage principal attachant et très typé : Raiponce, la jeune princesse, ne s’en laisse pas compter et affiche un sacré caractère.
Des personnages secondaires réussis. Mention spéciale pour l’étalon au caractère de cochon et au vieux brigand édenté !
Cependant, ce que le film gagne en humour, il le perd indubitablement en mièvrerie.
Cherchant, sans doute, à renouer avec une certaine tradition, les réalisateurs nous ressortent – pour notre plus grand malheur et celui de nos oreilles – la chanson guimauve que les studios Disney semblaient avoir abandonné dans leurs dernières productions.
Et voilà notre princesse et sa marâtre qui nous poussent la chansonnette tous les 10 mn avec des accents R’n’B qui préparent et formatent nos enfants à la soupe musicale qui se déverse chaque jour à la radio ainsi qu’aux mélodies d’ascenseur des récentes comédies musicales.
Certainement conscients des risques d’assoupissement que provoque chez le spectateur de plus de dix ans ce genre de « diarrhée musicale », les réalisateurs font preuve de pas mal d’humour durant ces intermèdes. C’est bien le moins !
Que peuvent-ils faire d’ailleurs de plus ? Sans ces moments de sucreries écœurantes, l’intrigue ne durerait guère plus de 40 mn. Il faut bien combler le vide pour atteindre les 100 minutes qui sont la norme des dessins animés actuels.
Ajoutez à cela les grands yeux ridicules de l’héroïne censée la rendre plus expressive et émouvoir les spectateurs à la manière du Chat potté de Shrek ou des Pet Shop de votre petite dernière.
Un final plutôt effrayant (on assiste à un assassinat !) et totalement inadapté aux enfants de moins de 6 ans.
Vous obtenez, alors, un film d’animation à la virtuosité indéniable mais aux choix artistiques plus que discutables.
Incident de parcours ou tendance durable ? En cas de deuxième « Raiponce », on a dors et déjà des cheveux à se faire.