La nouvelle version de La panthère rose est une bonne surprise !
On pouvait craindre le pire d’un remake de la célèbre comédie policière. Peter Sellers disparu, Blake Edwards trop vieux pour reprendre la mise en scène, le film partait avec de nombreux handicaps.
Et pourtant… dès le générique, le petit déhanchement de la fameuse Panthère, au son des premières mesures du célèbre air jazzy composé par Henry Mancini, fait à nouveau son effet. (Même le lion de la MGM n’en revient pas et en prend pour son grade !).
Reprenant le rôle de l’inspecteur Clouseau, Steve Martin se détache de son illustre modèle pour composer un personnage un peu plus lunaire. Heureusement, il reste toujours aussi gaffeur et destructeur que son aîné et continue de mettre à mal, avec une régularité réjouissante, son chef l’inspecteur Dreyfus, brillamment interprété par Kevin Kline.
Dans le rôle de la caution française du film, Jean Reno tire lui aussi son épingle du jeu.
Il faut le voir (pour le croire…) se trémousser langoureusement, en collant moulant, sur un air de R&B. Cette scène vaut, à elle seule, le prix du billet.
Pour ce qui est des gags, ils s’enchaînent à toute allure et alternent excellentes trouvailles (les scènes d’interrogatoires ou celles avec Nicole : la secrétaire de Clouseau) et petits clins d’œil sympathiques (l’apparition d’un sosie de James Bond).
Surtout, le film retrouve à plusieurs reprises l’esprit de Blake Edwards et son sens inné du timing comique. (Voir le gag récurrent du cycliste et de la mappemonde).
Il recycle aussi certaines trouvailles attendues de la série d’origine (Les longs combats récurrents avec Cato ont été astucieusement remplacés par de brèves attaques contre Jean Reno qui sont tout aussi percutantes et drôles).
Bien sûr, certains esprits chagrins chercheront à comparer ce film avec les précédentes moutures.
On pourra, par exemple, reprocher quelques gags un peu lourds (comme celui au studio d’enregistrement), mais c’est oublier que Blake Edwards utilisait parfois le même type d’effets comiques et que ses dernières collaborations avec Peter Sellers avaient été plus que calamiteuses (rappelez-vous La malédiction de La panthère rose).
De même, la vision de la France reste toujours aussi caricaturale, (le béret basque et l’air d’accordéon). Il faut croire que cela fait partie des règles imposées qui font finalement le charme de l’ensemble.
Il n’empêche, le film est drôle de bout en bout et fait preuve de mille fois plus d’inventivité que nombre de comédies françaises actuelles. (Essayez Iznogoud ou Les Dalton pour voir !).
La panthère rose était morte ? Vive La panthère rose !