Un magnifique petit village perché dans les Abruzzes.
Un tueur solitaire, venu d’ailleurs.
Une fuite en avant.
Un dernier contrat.
Avec The American, Anton Corbijn réalise un polar parfaitement maîtrisé aux allures de western moderne (Sergio Leone est d’ailleurs cité au détour d’une scène) qui sait prendre son temps pour mieux jouer avec nos nerfs.
A l’image du personnage principal, la mise en scène, minutieuse et sans esbroufe, se révèle être d’une redoutable efficacité. Elle est épaulée dans ce parti pris par un récit qui fait le choix de la lenteur pour mieux faire naitre le malaise et rendre palpable la tension dramatique.
La violence, quand elle surgit, n’en est que plus soudaine et brutale.
Dans une Italie sublimée, le réalisateur cultive à profit l’art du non dit.
Pas ou peu de musique pour souligner les rebondissements d’un scénario plutôt classique. Juste le bruit assourdissant du silence.
George Clooney, en tueur froid peu à peu rongé par l’angoisse et la suspicion, se révèle être d’une troublante fragilité et les deux personnages féminins qui croisent sa route (Violante Placido et Thekla Reuten : toutes deux sublimes) allient, tour à tour, charme et ambiguïté.
Ne manquez pas ce polar captivant qui sait se montrer aussi léger que les battements d’ailes d’un papillon.