
Miranda, Andy, Emily et Nigel replongent dans l’univers impitoyable et glamour du magazine Runway et des rues new-yorkaises où l’élégance est une arme redoutable.
Vous constaterez que le résumé Allociné (rédigé par une IA ou un rédacteur incompétent) n’a rien à dire. Pas plus que cette suite, d’ailleurs, qui tente de remettre au goût du jour un film aujourd’hui franchement démodé. Refaisant du neuf avec du vieux, comme souvent la mode, David Frankel tente de relancer sa carrière avec une suite beaucoup plus consensuelle de son film à succès. Exit les rapports sado-masochistes d’Andy avec ses supérieurs (encore que…) plus vraiment en vogue aujourd’hui dans le monde du travail (encore que…). En vieillissant, la nouvelle Andy est devenue force de proposition auprès de ses anciens chefs qui se sont un peu assagis, sans doute pour éviter un procès. Ils finissent même par avoir un certain plaisir à la retrouver, un peu comme lorsqu’on retrouve avec nostalgie, au fond d’une penderie, une vieille fringue que l’on ne porte plus mais que l’on n’ose pas jeter parce qu’on l’a tant aimée. Comme tout ça est très léger, le cinéaste brode un peu autour des réseaux sociaux, des influenceurs et des luttes d’influences pour être tendance.
L’ensemble se regarde sans déplaisir, grâce à ses acteurs et à quelques dialogues plutôt bien confectionnés, mais on est plus proche du prêt-à-porter cinématographique que de la pièce unique qui restera dans toutes les mémoires.
Sans avoir encore vu ce deuxième opus, difficile de ne pas aborder la chose avec une certaine prudence tant le premier film semblait déjà avoir livré l’essentiel de son propos. Les suites tardives ont souvent ce parfum de relecture confortable : elles rejouent des dynamiques connues en les adaptant aux sensibilités du moment, ici apparemment autour des codes du travail, des réseaux sociaux et de la course à l’image.
Reste à voir si cette mise à jour apporte une véritable tension narrative ou si elle se contente d’un vernis contemporain sur une mécanique déjà bien huilée. Le retour des personnages peut évidemment jouer sur une forme de plaisir de retrouvailles, mais ce type de nostalgie ne suffit pas toujours à justifier un récit.
Au fond, tout dépendra de la capacité du film à dépasser le simple recyclage élégant pour retrouver un vrai point de friction, quelque chose qui dérange ou surprend à nouveau dans cet univers désormais très balisé.