1910. Arsène Lupin défraie la chronique avec ses vols spectaculaires. Mais son identité secrète est compromise lorsqu’il est reconnu par Mina von Kraft, proche conseillère de l’empereur d’Allemagne Guillaume II.

Dans le creux de la vague après son Ali Baba et les quarante voleurs (1954) et n’arrivant pas à monter un projet qui lui tenait à cœur, Jacques Becker accepta de mettre en scène ces aventures inspirées des romans de Maurice Leblanc.
Bien lui en a pris. Son goût pour les petits moments du quotidien, son sens du rythme et ses qualités de mise en scène, associé à un technicolor somptueux, font ici merveille et nous gratifient d’une des plus belles adaptations d’Arsène Lupin au cinéma.
Épaulé par Albert Simonin pour le scénario, Becker concocte un récit en trois actes, doté de répliques savoureuses, qui met en valeur les qualités de voleur de Lupin mais aussi, et surtout, ses dons de séducteur. Pour le rôle principal, Robert Lamoureux s’avère être le choix idéal grâce à son humour pince-sans rire, sa gouaille canaille et ses incontestables aptitudes physiques.

Face à son numéro de charme, la pétillante Liselotte Pulver, qui incarne Mina von Kraft, ne démérite pas et contribue grandement à la grâce de ce film qui ne vola pas son succès en salles. À tel point qu’une suite, plutôt réussie, fut mise en chantier deux ans plus tard, en noir et blanc et sous la direction d’Yves Robert : Signé Arsène Lupin. Du grand art.