
En 1965, Guy Hamilton, journaliste australien, débarque en Indonésie pour suivre la politique chaotique du pays. Sur place, il fait la connaissance de Billy Kwan, un reporter photographe sino-australien, qui le prend en affection et l’aide à rencontrer des personnalités importantes de la vie indonésienne. Il lui présente également Jill Bryant, une Anglaise travaillant à l’ambassade de son pays. Alors qu’une histoire d’amour naît entre le journaliste et la belle attachée d’ambassade, un coup d’État organisé par le Parti communiste indonésien se prépare…
L’année de tous les dangers peut être considéré comme le premier film d’une courte tendance cinématographique des années 80 qui mit en avant journalistes et reporters de guerre (Under Fire de Roger Spottiswoode en 1984, La déchirure de Roland Joffé en 1985 et le formidable Salvador d’Oliver Stone en 1986). C’est aussi le film qui permit d’asseoir la notoriété de deux récentes stars australiennes : l’une, Sigourney Weaver, révélée au public grâce au Alien de Ridley Scott et l’autre, Mel Gibson, devenu célèbre grâce à Mad Max et Mad Max 2 de George Miller. Devant la caméra de Peter Weir, ils forment immédiatement un séduisant couple de cinéma qui, heureusement, ne prend jamais le pas sur le personnage central du récit : Billy Kwan, magistralement interprété par Linda Hunt qui obtint pour ce rôle de composition l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle. Personnage fascinant et présenté comme quasiment démiurge, c’est par lui que se noue l’idylle entre Guy et Jill et c’est aussi par lui que nous découvrons les difficiles conditions de vie des Indonésiens dans les années 60. Son tandem avec le journaliste australien et leur complicité ambiguë participent d’ailleurs pour beaucoup au charme de cette Année de tous les dangers.
Pourtant, si le cinéaste excelle dans la description des rapports humains, le film convainc moins dans sa partie journalistique sans doute parce que le scénario pose trop succinctement une situation politique peu connu du grand public en occident (l’Indonésie juste avant la tentative de putsch du 30 septembre 1965) et ne prend pas le temps de nous en faire comprendre tous les enjeux.
Heureusement la caméra immersive de Peter Weir sait soigner ses atmosphères et nous plonge, avec un certain réalisme, dans les heurts entre les différents mouvements politiques en présence, réussissant à créer un climat d’insécurité et une indéniable tension dramatique dans le dernier tiers du récit.
Même si ce n’est pas l’un de ses films les plus marquants, L’année de tous les dangers imposait déjà la découverte d’univers étrangers (réels et virtuels) et leur apport initiatique comme des thématiques chères au futur réalisateur du Cercle des poètes disparus et de Master & Commander.
Un aspect historique méconnu de beaucoup à l époque de sa sortie, au Festival de Cannes je m en souviens, j ajouterai aussi Gallipoli et The Truman show une pépite pour moi de Peter Weir.
Je n’avais pas revu le film depuis sa sortie en salles. Le film tient toujours bien la route. 🙂 Gallipoli que je rêvais de voir et que j’ai découvert fort tard m’avait un peu déçu. A revoir, donc. 😉
Ajoutons « la dernière vague », « Witness » et « Pique-nique à Hanging Rock » au rang de ses titres majeurs. Peter Weir est un immense réalisateur, mais sans doute venu d’un horizon trop lointain pour acquérir chez nous la dimension de maître qu’il mérite.
C’est fort possible. 😉
Sans oublier l’excellent opus « The Truman show » ; mais c’est vrai que je n’avais plus en tête qu’il avait réalisé ce film, c’est un cinéaste assez éclectique, on se perd un peu dans son oeuvre même si les films ne sont pas nombreux.
Excellent ton article, qui donne vraiment envie de revoir ce film ; je l’avais beaucoup apprécié à l’époque.
Il n’y a plus qu’à… 😉